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vendredi 18 mai 2012

j'écris mes romans comme on écrit un film

C’est peut-être un défaut, du moins, pas encore une qualité. J’écris mes romans comme on écrit un film. J’écris tout plein de détails : comment mon héroïne tient sa tasse de thé ; comment, lorsqu’elle est distraite, penche sa tête vers le côté ; quels sont ses tics et ses manies, etc. Lorsqu’un personnage prend une tasse, je veux lire qu’il l’a reposé avant de se tourner vers son ordinateur. C’est excessif, certes, mais parfois j’ai l’impression en lisant qu’un personnage ne pose jamais sa tasse, prend un stylo, pianote sur son ordinateur, tout à la fois. (Je ne donne pas cher de l’ordinateur.)
Pour un roman, j’admets que c’est exagéré même si je me retiens, mais lorsque je réfléchis à une histoire, je fais un film dans ma tête. Je vois les pauses, je vois le décor, je vois les mouvements, j’écoute la musique… Dans mon esprit, je vois les transitions et il y a même ces scènes poético-lyriques qui ne sont pas indispensables mais qui font « joli ». Quand je veux que mon héroïne se tienne d’une certaine façon, c’est que si on me demande une illustration, je saurais exactement comment faire. C’est une de mes façons de connaître mes personnages.
Je n’écris pas toujours de cette façon, à chaque nouveau roman je change quelque chose. Par exemple tout ce qu’on sait sur Melanie, on ne le connaît pas pour Romane. Les gestes du quotidien ne sont pas toujours intéressants pour certains alors il me faut trouver le juste milieu.
Mais quand je serai célèbre et traduite dans 1 500 langues et que mes livres seront adaptés au cinéma, ces détails pourraient faire la différence.
(Allez. Rêvons d’une prochaine réincarnation…)

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