[Lecture libre] Maman, tu crois en Dieu ? (nouvelle)

« Maman, maman !
— Oui, ma chérie ?
— Tu crois en Dieu ? »

Je cessai de verser les amandes sur la pâte sablée pour regarder ma fille de sept ans. Elle m’observait de ses grands yeux marron, l’air grave. Bien trop grave.

« Oui, ma chérie. Je crois en Dieu. »

Elle réfléchit pendant un moment. Je me dépêchai de garnir ma tarte et de l’enfourner.

« Pourquoi me poses-tu la question ? » demandai-je.

Elle haussa les épaules. Si j’avais appris quelque chose avec ma fille, c’est que rien n’était jamais gratuit. Elle ne posait jamais des questions par œuvre du Saint-Esprit. Je remplis la casserole d’eau.

« Qu’est-ce qui te préoccupe ?
 — Pourquoi tu crois en Dieu ? »

La question à un million. Je ne m’étais jamais réellement posé la question. Je croyais, c’était aussi simple que ça.

« C’est un sentiment qui vient de l’intérieur, expliquai-je maladroitement.
— Mais tu ne Le vois pas.
— C’est ce qu’on appelle la foi. Tu ne vois pas Dieu, mais tu sais qu’Il est là.
— Il est là maintenant ?
— Toutes les secondes. Il est partout.
— Il nous aime ?
— Oui. Nous sommes Ses enfants. Il nous aime comme je t'aime toi. »

Mais je devinai que ça ne s’arrêterait pas là.

« Dieu, Il est puissant ?
— Oui. Il donne la vie. Il crée. Il guérit. Il sauve.
— Mais Il n'a pas sauvé papa. »

J’eus la sensation d’avoir été battue.

« Si Dieu existe, pourquoi papa est mort ? »

Comment répondre à cette question ? Comment dire à ma jolie fille que c'était un coup du destin, que c'était un accident ? Si Dieu existait, pourquoi avait-Il détruit notre famille ? Pourquoi avait-Il laissé une orpheline ? Pourquoi avait-Il pris un homme qui avait tant à donner ? Pourquoi... ? Non. Ce n'étaient pas ses questions, c'étaient les miennes. Des questions qui n'avaient toujours pas de réponses à mes yeux.

« Hein, maman ? Comment tu peux croire en Dieu s'Il nous a enlevé papa ? »

Je me suis assise et j'ai pris ma fille dans mes bras.

« Tu sais, ma jolie, c'est parce que je crois en Dieu que je sais que papa va bien. C'est parce que je crois en Lui que je sais qu'un jour, Il nettoiera mes larmes, guérira mes blessures. Ton papa est un ange et il est toujours avec toi. Tout le temps. Tu peux lui parler. Il t'écoutera, te protégera. Il sera toujours là pour toi et tu le sauras dans ton cœur. »

Elle hocha la tête et se mit son pouce dans la bouche. J'ai caressé ses cheveux.

« Demain, le soleil se lèvera à nouveau et il brillera. Et s'il pleut, il y aura un arc-en-ciel. La vie est comme un vélo. Tu tomberas plusieurs fois, mais tu te relèveras autant de fois et tu rouleras. Souviens-toi que ton chemin, c'est toujours vers l’avant, jamais vers l’arrière. »

Je la serrai contre moi, le cœur serré.

« Tu te souviens des éclipses ?
— Le Soleil disparaît alors que c'est encore jour.
— C'est exact. Quand tu es triste, c'est comme une éclipse. La joie, la santé, l'amour, le bonheur..., toutes les bonnes choses, reviennent avec le soleil. Une éclipse ne dure jamais longtemps. »

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Rejoins le club de Sigmund !

En t'abonnant à la newsletter, tu recevras des manuscrits à télécharger, des trucs et astuces, des confidences et des blogs, des avant-première et des cover reveals, tu participeras à des concours privés et tu auras accès à d'autres exclusivités dans ta boîte électronique ou même postale ! Alors, ça te dit ?

Rejoins le club et à très vite dans ta boîte aux lettres !


* champs requis
Contact
Jo Ann von Haff
Skype @joannkamar
Luanda, Angola