Mon père ne m'a jamais lue...
Mon père ne m'a jamais lue.
Pourtant, il a toujours cru en moi.

Il a choisi mon prénom dans un roman (à cochoncetés) et il était fier quand, à mes 15 ans, je lui ai dit que je signerai toujours avec mon nom et non avec un nom de plume.
Il a payé la publication de mon premier roman en 2006, à l'époque nous ne connaissions rien à l'édition, la différence entre compte d'auteur ou compte d'éditeur. Je lui ai dédié Gazelle même si c'était franchement mauvais.

Mon père était fier de moi.

Il ne me l'a jamais dit, mais je le sais, parce que ses connaissances, ses amis, savaient qui j'étais, non seulement sa fille, mais « l'écrivain », ils me disaient que mon père leur parlait souvent de moi.
J'aime l'idée qu'il me voyait avec plus de succès que je n'en avais réellement.

On a passé les deux derniers jours de l'année à trier les affaires de mon père. J'ai récupéré deux tableaux et le dernier bloc-notes avec son nom. C'est dans un bloc de ce genre que j'ai écrit mon tout premier roman à 15 ans. 

Et c'est dans ce bloc que je vais commencer mon année.

Mon père a toujours cru en moi, il était mon plus grand supporter, mais il ne m'a jamais lu.
Et maintenant, il ne me lira jamais.

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