ūüďé Les Yeux de L√©on, √Čditions BMR & France Loisirs [NaNoWriMo 2013 Bis]

Les Yeux de L√©on de Jo Ann von Haff aux √Čditions BMR, f√©vrier 2017 et France Loisirs, ao√Ľt 2018 | www.joannv.com

QUAND UN AVEUGLE VOIT LA VIE EN ROSE ET UNE VOYANTE VOIT LA VIE EN GRIS...


Résumé

Rien ne va pour Ana√ęlle : coinc√©e dans sa vie morne de caissi√®re, complex√©e par son physique, elle ne r√™ve plus. Seul rayon de soleil dans son quotidien : le sourire d'un client de la sup√©rette, L√©on, kin√©sith√©rapeute aveugle qui semble d√©border de bienveillance et de joie de vivre. Et quand elle est au plus bas, que les voyants ne la remarquent pas, L√©on est le seul √† lui tendre la main.


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Remerciements

Merci √† mes ch√®res Suzanne RoyRoxane Dambre et Chlo√© Duval pour leur lecture-cobaye et leurs retours.
Merci √† Gabrielle Massat pour son expertise.

Revue

« J’ai aim√© cette histoire d’amour toute douce. Elle est joliment construite, ficel√©e et son √©volution m’a plu. »

« Elle est comme √©teinte. Et c'est gr√Ęce √† L√©on qu'elle va trouver une certaine lumi√®re dans son obscurit√©. C'est L√©on ,"l'aveugle", qui va lui apprendre √† vivre et √† voir les bons c√īt√©s de la vie. » 

« De plus, en tant que montpelli√©raine et kin√©, j’ai appr√©ci√© l’absence de coquilles sur la ville ou le m√©tier… Un roman-doudou √† d√©couvrir. »

NaNoWriMo 2013 bis

— √áa vous fait treize euros et quarante-neuf centimes, madame, dit Ana√ęlle.

Elle jeta un coup d’Ňďil √† l’immense vitre qui s√©parait la sup√©rette du trottoir. C’√©tait bient√īt le printemps, mais il ne faisait ni chaud ni beau, il n’y avait m√™me pas l’ombre d’un rayon de soleil. La cliente lui tendit l’argent et Ana√ęlle ouvrit le tiroir-caisse.

— Cinquante, quatorze, quinze euros, fit-elle en rendant la monnaie avec la facture. Merci, bonne journ√©e.

Elle se tourna vers le client suivant qui posait ses courses sur le tapis sans cesser de parler au t√©l√©phone. Elle n’attendait pas une salutation encore moins un sourire, elle plut√īt qu’une machine, cela ne faisait aucune diff√©rence.
Quand elle √©tait petite, sa m√®re avait toujours √©t√© derri√®re elle pour ses devoirs en r√©p√©tant jour et nuit « Si tu ne travailles pas bien √† l’√©cole, tu finiras caissi√®re ». C’√©tait le monstre √† sept t√™tes qu’il lui fallait √† tout prix √©viter, le cauchemar absolu, le ratage ultime de la vie. Ana√ęlle observait les caissi√®res avec crainte, de peur qu’elles ne la happent dans leur secte, elle priait pour ne pas terminer comme elles. Puis sa m√®re √©tait morte, elle s’√©tait retrouv√©e seule √† payer les factures. Son CV inexistant l’avait amen√©e droit dans la gueule du loup. La honte ! Deux ans plus tard, elle √©tait toujours √† la m√™me place, cumulait les contrats √† dur√©e d√©termin√©e, face √† elle d√©filaient des dizaines de petites filles dont les m√®res les mena√ßaient d’un « tu ne veux pas finir comme la dame ». Au moins, sa m√®re attendait d’√™tre rentr√©e pour lui faire la le√ßon, elle √©tait s√©v√®re mais respectueuse.
Avec le temps, Ana√ęlle √©tait devenue blas√©e. Elle ne rougissait plus, ne fixait plus les impertinentes, ne bouillonnait plus. Elle encaissait. Dans tous les sens du terme. Bip. Bip. Bip. √Ä la fin de la journ√©e, elle entendait encore les « bip » r√©sonner dans ses oreilles. Elle passait les produits devant le lecteur de code-barres d’une mani√®re machinale, lisait les montants d’une voix monotone, d√©duisait les bons de r√©ductions, comptait les centimes, nettoyait le tapis roulant avec un torchon humide qui avait vu de meilleurs jours, et recommen√ßait comme une machine. Les h√ītes de caisse √©taient la version moderne de Sisyphe. Elle avait lu √ßa quelque part, sur un blog ou sur Facebook, et avait m√™me fait une recherche pour conna√ģtre le mythe. Mais Sisyphe ou non, ce travail aurait tu√© sa m√®re, d’un coup au cŇďur et de chagrin √† la fois.
No√©mie, tout juste revenue de l’universit√©, s’installa derri√®re elle et approcha son tabouret tout en m√Ęchant le reste de son sandwich. Ana√ęlle rendit la monnaie √† une cliente.

— Bouge ton sandwich, grommela-t-elle √† sa coll√®gue.
— Tu n’as pas encore mang√© ? demanda No√©mie, la bouche pleine. Il est presque 18 heures.
— Je suis au r√©gime.

Elle sentit le regard de No√©mie dans sa nuque, mais l’ignora pour s’occuper d’un nouveau client. Bip. Ce n’√©tait pas le premier r√©gime en deux ans et ce ne serait s√Ľrement pas le dernier. Depuis la mort de sa m√®re, Ana√ęlle avait collectionn√© les kilos superflus comme d’autres collectionnent les boules de neige.

— Monsieur, au bout de la file, cette caisse est ouverte ! annon√ßa No√©mie en s’essuyant les mains avec une lingette.
— Madame, vous √™tes ma derni√®re cliente, ajouta Ana√ęlle en faisant un signe.

Il y eut des soupirs contrari√©s et des grommellements. Ana√ęlle r√©cup√©ra son tiroir-caisse et se dirigea vers le bureau du g√©rant apr√®s avoir compos√© le code sur le pav√© num√©rique. Elle s’assit √† la table ronde et se frotta les yeux avant de se lancer dans la comptabilisation de sa caisse. Une fois cette t√Ęche termin√©e, elle fit un dernier tour dans la sup√©rette et entendit le tap, tap, tap caract√©ristique de la canne blanche de L√©on. Elle jeta un coup d’Ňďil du c√īt√© des vins.
L√©on passait ses doigts sur les √©tiquettes en braille des rayons. Ana√ęlle aurait fait discr√®tement marche arri√®re si cela avait √©t√© quelqu’un d’autre, mais au Bon March√©, on l’appelait M. Joyeux : il √©tait toujours souriant et de bonne humeur, le seul client √† s’int√©resser au quotidien des employ√©s de la sup√©rette. La premi√®re fois, Ana√ęlle avait √©t√© si surprise par ses questions qu’elle avait invent√© une r√©ponse bateau. Comme elle √©tait d’humeur maussade ce jour-l√†, elle avait pr√©text√© la maladie de son chien. Le lendemain, lorsqu’il s’√©tait arr√™t√© √† sa caisse, il lui avait demand√© des nouvelles. Ana√ęlle n’avait jamais eu d’animal de compagnie, elle avait mis quelques secondes √† se souvenir de l’histoire servie la veille. Elle aurait eu trop honte d’avouer son mensonge pendant qu’elle scannait son th√© et ses biscuits pr√©f√©r√©s, alors elle s’√©tait enfonc√©e en en remettant une couche : Bobby allait beaucoup mieux, merci. En deux ans, le malheureux animal avait eu le temps de vieillir et de mourir, et il avait m√™me eu droit √† un enterrement digne de ses ann√©es pass√©es sur Terre.

— Bonsoir, salua-t-elle.

L√©on se redressa, un sourire se forma aussit√īt sur ses l√®vres. Il n’√©tait pas sp√©cialement beau, juste un brun m√©diterran√©en comme des milliers d’autres √† Montpellier. De teint basan√©, il n’√©tait pas tr√®s grand, avait un nez un peu fort et des cheveux boucl√©s, mais il avait un sourire vrai, et pour cette unique raison, Ana√ęlle prolongerait son temps de travail.

— Bonsoir, Ana√ęlle. Comment allez-vous ?

Ses yeux noirs semblaient la fixer, c’√©tait facile d’oublier qu’il √©tait aveugle.

— Un peu fatigu√©e. Et vous ?
— Mon amie est tr√®s contrari√©e, dit-il en reposant ses doigts sur les √©tiquettes. Elle vient d’annuler un voyage √† Venise qu’elle a planifi√© depuis des mois. Je pensais lui pr√©parer un bon petit plat, mais je doute qu’elle ait envie de passer √† table.

Ana√ęlle n’√©tait jamais all√©e plus au-del√† des C√©vennes. Pouvait-elle se sentir contrari√©e de n’envisager aucun voyage durant toute son existence ? S’il fallait qu’on la console pour des envies √©touff√©es dans l’Ňďuf, elle aurait besoin de L√©on tous les jours. Mais vraiment tous les jours.

— J’aurais choisi tout ce que la t√©l√© dit qu’il faut boire et manger avec mod√©ration, r√©pondit-elle. √Ä commencer par des trucs bourr√©s de sucre.
— Vous avez raison, s’amusa-t-il. J’ai bien pris un Bordeaux, √©tiquette jaune ?

Elle jeta un coup d’Ňďil √† la bouteille qu’il touchait.

— Oui, c’est √ßa.
— Parfait.

Il attrapa la bouteille, Ana√ęlle serra les poings pour ne pas intervenir de peur de la casser et devoir payer trente euros de sa poche.

— Pourriez-vous m’en prendre une deuxi√®me, s’il vous pla√ģt ? demanda L√©on.

Quelle chanceuse, cette amie !

— Bien s√Ľr.

Elle l’ajouta au panier.

— Merci, Ana√ęlle.

Elle n’avait plus envie de rester l√† √† imaginer un homme attentionn√© dans sa vie. Elle voulait manger, du gras de pr√©f√©rence, et dormir envelopp√©e dans sa couette. Tant pis pour le r√©gime. Et tant pis pour L√©on, aussi.

— Vous avez besoin d’autre chose ? demanda-t-elle.
— Non, merci. Je connais le rayon des glaces par cŇďur ! plaisanta-t-il.
— Alors, bonne soir√©e.
— Vous aussi, Ana√ęlle.

Oh ! mais oui, mais tellement ! Elle passa dans le vestiaire, troqua sa blouse pour son anorak et r√©cup√©ra son sac √† main. De loin, elle salua No√©mie et s’en alla sans tarder. Elle se dirigea vers la gare Montpellier-Saint-Roch qu’elle traversa d’un bout √† l’autre, et en ressortant de l’autre c√īt√©, elle tomba sur l’enseigne d’un kebab. Il y avait la queue mais rien d’insurmontable, et elle mourrait si elle devait attendre encore vingt minutes avant d’arriver chez elle. Ce fut une galette sauce mayo, frites et Coca. Au lieu de prendre le tramway, elle se r√©fugia dans le square voisin pour manger loin des regards. √Ä peine avait-elle englouti une frite que les larmes lui mont√®rent aux yeux. Elle √©tait nulle, m√™me pas capable de tenir une journ√©e sans faire d’√©cart.
Quelle idée de commencer un régime un vendredi, aussi.

Revue de web

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas √©t√© autant touch√©e, √©mue par une lecture ! Francesca Cette honn√™tet√© qui habite les personnages : elle est pure et belle, sans fioriture et sans ambages. Les Miss Chocolatine bouquinent Un roman court, mais bourr√© d’√©motions. Jo Ann Von Haff nous pr√©sente des gens ordinaires, ceux de tous les jours. Avec Les yeux de L√©on, pas de riche h√©ritier ou de gens c√©l√®bres, et j’ai √©t√© conquise. Founa (Au Boudoir √©carlate) L'auteure nous a √©crit ici une tr√®s belle romance, originale, entre ces deux personnages qui se connaissent depuis quelques ann√©es, mais sans vraiment avoir eu de grandes conversations, le tout saupoudr√© d'humour, de larmes, de col√®re… Princess Titi (Les Rebelles Webzine)  un texte dr√īle, √©mouvant et tr√®s sensuel, loin des clich√©s. Caropoukontli ce roman m'a surprise par l'authenticit√© des personnages principaux et par la beaut√© de leur relation Le temps presse C’est un plaisir de lire la plume de l’auteure. En toute simplicit√©, elle arrive √† faire du quotidien le plus anodin une belle aventure. Les instants vol√©s √† la vie Il est un h√©ros comme je l'aime, tr√®s attachant, fort et sensible, √† l'√©coute et tr√®s attentionn√©. Il apporte toute la douceur promise sur la couverture. Les lectures de Nini Une plume fluide, d√©licate et attrayante. Jo Ann Von Haff aborde des sujets bien r√©els avec beaucoup de singularit√©. Mon paradis des livres je suis enchant√©e d’avoir pu lire cette histoire, men√©e de main de ma√ģtre avec beaucoup de d√©licatesse et de tendresse. Am√©lie (Un livre √† Nice) C’est une tr√®s belle histoire, qui ne ressemble √† aucune autres Alyson (Un livre √† Nice) J’ai aim√© ce personnage, mais une partie de sa personnalit√© m’a d√©√ßue. Cependant, ce sont les failles dans les deux h√©ros qui les ont rendus √©mouvants et touchants. Darcy Books L√©on lui apprend √† voir le monde d'un nouvel oeil. De ne pas penser aux regards des autres. Jeyni C'est pourquoi ce livre est tr√®s beau et touchant. Pour une fois, tout ne tourne pas autour des apparats et du para√ģtre mais ce sont bien les qualit√©s humaines qui ont la priorit√© et qui sont mises en avant. Bookslover Des personnages auxquels on s'attache, une histoire tendre, mais qui r√©v√®le quand m√™me quelques difficult√©s, des √©motions et des sentiments particuli√®rement bien retransmis au fil des pages et puis surtout une histoire d'amour qui nous fait sourire tout du long. La Dory qui lit Avec un format court, l’auteur r√©ussit √† nous faire appr√©cier les personnages, √† nous interroger sur leur situation, √† nous remettre en question √©galement, le tout avec un brin d’humour. √Ä tout livre L'histoire se lit comme on boit un bol de cacao cr√©meux avec une touche de cannelle et de vanille :c'est doux, r√©confortant mais apporte quand m√™me quelques jolies vagues d'√©motion bien √©pic√©es. Christel (Un brin de lecture) C'est un roman qui parle d'un homme non voyant √©touff√© par sa famille. C'est mr Joyeux pour les uns et un vase asiatique ancien et hyper fragile pour d'autres. Tome IV Ce roman est une belle romance, men√©e dans la douceur et la confiance. Mes livres, mon plaisir D√©couvrir le quotidien de L√©on √©tait int√©ressant. Mais le voir aussi r√©joui de tout √©tait assez √©tonnant, comme s’il cachait ses probl√®mes sous des abords joyeux. Anne B. (Reading List of Ninie) Une √©criture incroyable et une v√©ritable le√ßon pour reprendre sa vie en main. Mia  Ce n’est pas souvent qu’on a la chance de lire un roman qui se passe exactement l√† o√Ļ on vit. Croqueuse de livres  Elle est comme √©teinte en fait. Et c'est gr√Ęce √† L√©on qu'elle va trouver une certaine lumi√®re dans son obscurit√©. ♥ Mariam Un roman tout doux , onctueux comme du chocolat et qui sent bon le mono√Į... Charm clochette De plus, en tant que montpelli√©raine et kin√©, j’ai appr√©ci√© l’absence de coquilles sur la ville ou le m√©tier … Un roman-doudou √† d√©couvrir. Follow the reader Leur relation √©volue timidement mais elle est tr√®s mignonne car l’une est toujours en besoin de bonheur et d’affection et l’autre en a beaucoup √† revendre. Rhiannon Autumn Et puis je commence √† regarder Ana diff√©remment. Pour le coup, j'ai appris √† l'aimer √† travers les yeux de L√©on ! Fantastic Mrs Fox Une belle histoire, avec de beaux personnages. Jo Ann von Haff est d√©cid√©ment tr√®s dou√©e pour √©crire des √Ęmes imparfaites et leur rencontre… M√©lie La tr√®s jolie plume de Jo Ann raconte une histoire douce et touchante. Malheureusement trop courte √† mes yeux. Chi-Chi Tu as su donner de l'int√©r√™t √† quelqu'un qui s'acharnait √† d√©montrer qu'elle n'en avait aucun. Geovane On pense qu'ils n'ont rien en commun, mais l'auteur parvient √† nous faire croire √† cette histoire sans tomber dans les clich√©s habituels. AlineMaline Un pur enchantement… quel plaisir de lire cette belle histoire. Sabine Jo Ann von Haff nous prouve que les standards peuvent √™tre d√©pass√©s et contourn√©s. Brigitte Une tr√®s belle id√©e, une volont√© de parler d'une autre histoire mais il m'a manqu√© quelque chose pour adh√©rer compl√®tement. Satsu j'ai aim√© le message d√©livr√© et j'aurais aim√© que l'auteur insiste moins, on comprenait quand m√™me et le livre gagnait en profondeur. Matcha 
√áa reste un roman magnifique, doux et √©mouvant comme je les aime, et tr√®s bellement √©crit. C√©cile Ama Courtois L√©on est un personnage attachant et cette romance est un excellent "anti-blues". Elvanshalee Pour moi l’histoire et le message √©taient top… le traitement de tout √ßa un peu moins. TeaCup Ce bouquin est tout simplement parfait en cas de d√©prime ou de dimanche pluvieux √† ruminer sur la tristesse (ou pas) de sa vie. Louise C’est l√©ger, tendre, √©mouvant, des petits moments pr√©cieux parsem√©s au fil du temps de la vie de ces personnages. V√©ro NoireAude

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