Après, comment je respire ?
Le mois de l’écriture a démarré.
Et à 22 h 38 du deuxième jour, j’ai versé ma première larme.
Avec ce passage :
— Ils sont mon oxygène, mais je ne suis pas le leur…
Poings resserrés.
Desserrés.
— Leurs axes changent et ça me fait peur.
— Pourquoi ?
— Parce qu’après… comment je respire ?
Je ne sais pas pour toi, mais en tant que lectrice, j’aime passer par toutes les émotions. J’aime rire. J’aime sourire. Mais surtout, j’adore pleurer. Ça doit avoir l’air bien sadique, dit comme ça, mais quand je pleure, peu importe le pourquoi, c’est parce que la scène a résonné en moi, c’est parce qu’elle a touché une corde sensible.
Quand je pleure, je donne automatiquement un point en plus à mon évaluation sur Goodreads. Même quand une lecture était plus ou moins plaisante ou même si j’avais hâte d’en terminer.
Pleurer pendant ma lecture est une qualité, un point bonus, parce que je veux tout ressentir, absolument tout.
Alors quand j’écris, j’aime verser une larme ou pleurer toutes les larmes de mon cœur. J’aime être brisée en deux par une situation que j’ai parfois provoquée (juste parfois, mes persos n’en font qu’à leur tête). J’aime, surtout quand j’écris une romance, savoir qu’il y a une lumière au bout du tunnel parce que, les gens… quand je pleure toutes les larmes de mon cœur et c’est un tout autre genre, c’est une très, très, mauvaise nouvelle. XD
Je veux écrire Résilience depuis des années. Je sais donc, depuis des années, que ce serait une des histoires les plus difficiles, parce que de mes six Suricates, Bishop est celui qui est le plus brisé. Ils sont tous les six un peu cabossés, à degrés différents, pour des raisons totalement différentes car je ne voulais pas, car ils sont six vétérans, que les seuls traumatismes possibles soient le stress post-traumatique de leur travail.
Alors oui… ils souffrent tous de TSPT, mais pour cinq d’entre eux, ça n’a rien à voir avec ce qu’ils ont dû faire sur le terrain.
Dans le désordre, pour ne pas spoiler (parce que une fois ou deux, ces zigotos ne se rendent pas forcément compte d’où se trouve le problème), les raisons sont : handicap, trahison, parent abusif, agression, chantage, deuil. Parfois, c’était * pendant * leur service, mais sans avoir un lien direct avec le service.
Et parce qu’ils sont tous cabossés et parce que je n’aime pas du tout l’idée de « l’amour vainc tout », ils ont fait un pacte et ils sont tous en thérapie. Je pense que l’amour aide la guérison, je pense que l’amour est un ingrédient important, mais la guérison est individuelle et vient par soi-même, pour soi-même, pas pour l’autre.
C’est vraiment très important pour moi de mettre en avant le fait que, même si mes Suricates ont rencontré quelqu’un qui est parfait pour eux, ce quelqu’un ne remplace pas un professionnel. Dans ce cas, une professionnelle, bénie soit Daisy.
Résilience est une romance hurt/comfort, donc oui, Jo aura un rôle capital dans la guérison de Bishop, mais le roman commence alors que Bishop est face à un bar à Melville, Johannesburg, et ça, c’est un signe de guérison en cours, car ça c’est un exercice demandé par sa psy, et c’est déjà une victoire.
Donc ce n’est pas Jo qui va faire que Bishop va trouver un bout de sérénité. C’est Bishop qui fait le travail et Jo va le rencontrer en cours de route. Bishop veut guérir pour lui-même, la possibilité d’un Jo n’a jamais pesé sur la balance.
J’ai commencé l’écriture le 1er novembre à minuit.
J’en suis au quatrième chapitre, Bishop est rentré d’Afrique du Sud et se retrouve dans le cabinet de Daisy. Et là…
— Ils sont mon oxygène… Leurs axes changent et ça me fait peur. Parce qu’après… comment je respire ?
Eh bien, Jo va te faire du bouche à bouche, cousin…
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