Jo Ann von Haff

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Bienvenue, je m'appelle

Jo Ann von Haff

Quand je lui ai demandé d'où venait mon prénom, mon père est devenu tout rouge. Il a avoué, en toussotant beaucoup, en s'éclaircissant souvent la gorge, qu'il l'avait trouvé dans un roman. Un roman à cochoncetés. Il ne me manque plus que boucler la boucle et écrire les prochaines Cinquante Nuances de Grey. J'aurais dû commencer par là, au fait.

Mon nom est la représentation de ma multiculture : angolaise d'origine luso-allemande et d'expression française. Ma normalité est un melting-pot, mon éducation est multiculturelle, ma voix est polyglotte.

J'écris des histoires d'aujourd'hui, avec des héros de tous les jours et de tous les horizons, des personnages qu'on peut croiser dans la rue. Mes romans reflètent le monde tel que je le vois : moderne, global et sans frontières, où chacun a sa place.

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[Wattpad] ROMÉO CHERCHE JULIETTE [NaNoWriMo 2017]


Directeur d'école primaire et conteur d'histoires, Roméo est pourtant un des hommes les plus réservés de Marseillan. Tellement réservé, qu'il risque de mourir célibataire si ses proches ne s'en mêlent pas. Ces derniers décident de lancer une campagne sur les réseaux et les ondes très particulière. 
« Roméo cherche Juliette pour vivre des beaux jours sous le soleil méditerranéen et contrarier le mythe. Vérone optionnelle (mais peut se faire). » 
En quelques jours, c'est le buzz, des dizaines de Juliette accourent. Et Roméo n'est au courant de rien...

Écrire la diversité et autres articles


Autres sources

📍 Pourquoi je ne veux pas d'un James Bond noir

Dans Comment ajouter de la diversité dans ses romans, j'ai une partie qui parle de la nouvelle tendance hollywoodienne qui consiste à prendre un personnage de fiction qui existe déjà (en blanc) et le color(i)er pour entrer dans la case « représentation ».
Et c'est une tendance qui m'horripile.
Cela fait deux ans que j'ai l'idée de cet article dans mes brouillons. Deux ans. Il pourrait y rester, mais il y a quelques semaines, je suis tombée sur le casting de l'adaptation des Bridgerton de Julia Quinn, et Zeus, ça m'a sorti de mon zen mais avec une force !

(Si je parle autant de garder son zen, c'est parce qu'à la base, je ne le suis pas vraiment : j'ai un seuil de patience très bas, alors je me détache des sources de conflits très vite. Ça marche la plupart du temps. Voici l'exception à la règle.)

J'ai découvert les Bridgerton en 2016 avec Daphné et le Duc, mille ans après les fans de la première heure, donc. (Comme d'habitude !) J'ai adoré ce premier tome, j'ai donc dévoré les suivants (jusqu'au septième, Hyacinthe, les autres sont encore dans ma wishlist sur Amazon).
Je n'ai pas aimé toutes les histoires de la même façon que j'ai aimé Daphné, mais Daphné était suffisamment forte pour que je continue la série, et que je continue d'avoir envie de lire Julia Quinn. Et quand j'ai appris que Shonda Rhymes allait adapter l'univers pour Netflix, j'ai fait woot dans ma tête.
Contrairement à beaucoup de lectrices, j'adore les adaptations, et les livres que je lis (mille ans après les autres) sont rarement adaptés ! (Je pense à l'univers de Mercy Thompson que j'adorerais voir à l'écran, rien que pour Charles...)
Mais l'enthousiasme a fait plouf très vite quand j'ai vu le casting.
Sorry what? Le duc de Daphné est métis ?

(Pause.)

Je n'ai rien contre Regé-Jean Page, je ne le connais pas, je ne l'ai jamais vu à l'écran, et il n'est pas laid du tout.
MAIS.
Un duc qui n'est pas blanc en 1813 en Angleterre ?
Pour de vrai, de vrai ?
Et si mes souvenirs sont bons (2016, c'est le siècle dernier, quasiment), Simon est un bon parti ?

Je suis une royal watcher depuis ma naissance (la faute à ma mère, grande fan de Diana), avez-vous idée de ce que ça veut dire faire partie de l'aristocratie anglaise de nos jours sans être blanc ? En résumé, ce n'est pas gagné. En 2019. Et en 1813, le duc est métis, no biggie. Il ne serait pas un bon parti (pour les aristocrates) aujourd'hui, let alone au XIXe siècle.
Déjà qu'épouser un membre d'une famille royale étant d'une nationalité autre (ou même d'une religion autre), c'est un peu problématique encore de nos jours, alors d'une autre race ? Vous plaisantez ?
Avant Meghan Markle, il y a eu Angela de Liechtenstein (panaméenne, elle s'est mariée en 1999 au prince Maximilien, deuxième fils du prince régnant) (un peu comme Harry) et Emma Thynn, vicomtesse (depuis 2012, et qui sera sûrement la première marquise non blanche de l'histoire d'Angleterre). 
Toutes les trois, femmes du XX(I)e siècle, ont subi des attaques racistes de la famille directe. La belle-mère d'Emma Thynn a même été bannie de leur mariage.
Et on va me dire qu'en 1813, tout va bien ?

Le métissage dans la haute société anglaise n'est pas nouveau, loin de là. 
Quand j'ai su pour ce casting à la noix de coco, j'ai tout de suite pensé au film Belle, basé sur la vraie histoire de Dido Elizabeth Belle, fille illégitime d'un amiral britannique et d'une esclave. Elle a été élevée par l'oncle de son père et sa femme, le comte et la comtesse de Mansfield. Elle grandi avec sa cousine Elizabeth, elle a été aimée et choyée, elle a eu des privilèges certains, mais malgré tout cela, elle restait une esclave et elle restait un secret, cachée dès que des inconnus passaient la porte. 
Dido est morte en 1806. 
L'esclavage a été aboli en 1807.

Et un duc métis est un bon parti en 1813.
(J'ai à nouveau perdu mon zen.)

Et James Bond dans tout ça ?

James Bond est juste la somme et, ou ?, le résumé de cette tendance que je trouve méprisante.
Méprisante.
Condescendante.
Et paresseuse.

Je reprends ce que je disais dans l'article à ce sujet : pourquoi faut-il que James Bond soit noir ? Pourquoi prendre ce qui existe et le transformer au lieu de créer un personnage entier, complet, avec une véritable histoire ? Un 008, par exemple !

Vous savez pourquoi des films comme Black Panther ou Crazy Rich Asians fonctionnent du tonnerre auprès de leurs communautés respectives (en plus de toutes les autres ?) (il y a plus de similarités entre l'Angola et Crazy Rich Asians que l'Angola et Wakanda, soit dit en passant) ? On ne s'est pas contenté d'un colour blind casting. On ne s'est pas contenté d'un feutre marron. On ne s'est pas contenté de changer un nom.
(Ce sont des propositions que j'ai faites dans Comment ajouter de la diversité dans son roman pour des personnages secondaires. Pour des principaux, il faut un peu plus d'huile de coude.)
Dans ces deux films-là, il y a un passé, une histoire, un contexte. On ne se contente pas de poser un personnage « différent » là (quelque part), on crée ses racines, on raconte sa culture, ses traditions
Pour moi, les héros issus de minorités, peu importe lesquelles, peuvent (et doivent) être ennuyeux de banalité, mais cette banalité, cette « normalité » ne peut pas empêcher de les ancrer dans un contexte.
Le leur.

Quand je mets Mike et Pol en scène, ce qui leur arrive pourrait arriver à n'importe de qui, de n'importe quelle origine, de n'importe quelle classe sociale. Cependant, ces événements leur arrive à elles. Et même si elles sont laïques (et même athée pour Mike), elles sont de culture juive, elles ont eu une éducation juive. 
Ce n'est pas flagrant pour ceux qui ne connaissent pas le judaïsme ou qui n'ont pas quelques bases. Quand Mike se dit que sa mère aurait une syncope en voyant son steak avec une sauce à la crème, quand elle touche la mezouzah en rentrant dans l'appartement de Palavas-les-Flots, quand Pol demande une salade sans fromage ni porc, quand les jumelles portent des manches longues pour ne pas montrer leurs tatouages... Tout ça ne fait qu'une ligne, mais ce sont ces lignes qui font que les jumelles sont ancrées dans leur contexte : elles viennent d'une famille juive pratiquante même si elles ne le sont pas.

Lors de son discours d'acceptation aux Golden Globes de 2018, Sterling K. Brown de This Is Us explique que toute sa vie, il a été accepté grâce aux colour blind castings, lorsqu'on choisit l'acteur pour son talent plus que pour ses origines. C'est d'ailleurs le système de Shonda Rhymes. Mais si ça marche pour Grey's Anatomy (on développe le passé des personnages en partant des acteurs), ça ne marche pas vraiment avec une adaptation.
(Enfin, je dis ça...)
Dans son discours, Brown ajoute un « let's throw a brother into this role » (traduction à peu près : « ajoutons un cousin pour jouer ce rôle) (dans mon idée de ce que ça veut dire : « ajoutons un cousin dans le film, on aura notre quota et on n'en parle plus »). Il rend hommage à Dan Fogelman qui a écrit le rôle d'un homme noir pour être joué par un homme noir. « I am being seen by who I am,  and being appreciated for who I am. » (Traduction à peu près : « Je suis vu pour qui je suis, et je suis apprécié pour qui je suis. »)

Pour les gens qui défendent les James Bond noirs ou les ducs métis, est-ce que vous saisissez la douleur que cela peut engendrer ? De nous caser quelque part parce que... c'est bien la diversité ? Parce que c'est important, la représentation ? Est-ce que vous comprenez que les acteurs issus de minorités finissent par accepter ce genre de rôles (le coloriage politiquement correct, donc) parce qu'il n'y en a pas d'autres rôles disponibles ? Parce que les producteurs ne prennent pas le temps (ou ne donnent pas d'argent) pour des rôles faits spécialement pour eux ? Parce que, voyez, un film avec des minorités, ça ne vend pas ? Est-ce que vous comprenez pourquoi Black Panther et Crazy Rich Asians parviennent à passionner les foules rien qu'avec le casting (sans même parler d'intrigue, de qualité, etc., c'est au goût de chacun) ?
Je (re) mentionne Michelle Rodriguez qui propose de laisser tomber cette idée d'essayer de caser un (super) héros existant dans une autre culture et de commencer à créer « nos propres mythologies ». Comme... Black Panther.
Comme Storm.
Comme Falcon.
Comme Luke Cage.
Nous méritons des rôles pensés pour nous. Des personnages pensés, créés, pour nous.
Sinon, c'est du recyclage, c'est du rebus.
C'est du mépris, de la condescendance, aussi simple que ça.

Les rares fois où je lis les commentaires à ce sujet, je note tout de même une (autre) tendance : ce sont souvent les Blancs qui sont ravis avec cette idée.
Let that sink in.



« Mais c'est bien, d'ajouter de la diversité. »
Les gens, il y a des livres EXISTANTS avec de la diversité à la même époque, et peut-être même écrits par des romanciers qui ne sont pas blancs. Allez les chercher, les lire, les adapter. Ils existent. Ils sont là. Soyez un peu plus curieux. Si on veut une histoire avec une distribution diversifiée, choisissez des personnages issus de minorités (visibles ou invisibles). C'est aussi simple que ça, on ne vous demande pas d'inventer la roue.

« Mais on fait bien du whitewashing. »
Et c'est mal ! On ne corrige pas un tort avec un tort, cela reviendrait à la loi du talion, et on sait ce que ça donne, à la fin.
La meilleure façon de corriger un tort, c'est de faire les choses bien. 
Cf réponse précédente.

« Mais une adaptation peut être libre. »
C'est pour cette raison que ma plus grande peur concernant les adaptations n'est jamais les choix scénaristiques mais la distribution. Je me suis souvent dit que, dans l'éventualité, hypothétique, pas impossible, d'un jour avoir un texte adapté, j'aurais du mal avec un acteur ou une actrice que je n'apprécie pas du tout, mais finalement, ce serait le cadet de mes soucis.
Je décris mes personnages parce que je sais parfaitement qui ils sont, et leur physique fait partie de cette connaissance. Alors si on prend un personnage blond pour en faire un Noir ou un personnage d'origine asiatique, cousins, je vais mal le prendre. S'il est blond, c'est qu'il est blond, point. Et je ne retournerai pas ma veste et je ne dirai pas publiquement « je suis très heureuse avec le choix » parce que ça ne serait pas crédible pour un sou, surtout que ça fait des années que je parle de l'importance de la description des persos.
Dans l'éventualité hypothétique pas impossible d'avoir un de mes romans adaptés à l'écran, j'ai suffisamment de diversité dans mes histoires pour éviter ce genre de couac. Enfin, je le crois ?
Hermione de Harry Potter est devenue noire dans la pièce The Cursed Child, J.K. Rowling a dit qu'elle était ravie alors que les fans étaient partagés. Alors, je n'ai lu que le premier tome de Harry Potter et je ne me souviens pas des détails, alors...
Pour revenir aux Bridgertons, Julia Quinn insiste sur le physique de ses héros, mais elle se dit « ravie » du choix après l'avalanche de commentaires. Pourquoi pas.


En bref

Ne pas sauter de joie lorsqu'on annonce ce genre de changement ne signifie pas être raciste, c'est souvent le genre de réplique que je vois quand quelqu'un a le culot de dire qu'il n'est pas d'accord.
Ce n'est pas du racisme.
D'un côté, c'est l'expression d'un raz-le-bol. De l'autre, c'est l'expression de l'amour pour l'œuvre originale qu'on défigure au nom du politiquement correct.
Si vous voulez des œuvres de romanciers issus de minorités (in)visibles, cherchez-les, vous les trouverez. Si vous voulez des œuvres avec des personnages issus de minorités (in)visibles, cherchez-les, vous les trouverez. Laissez les autres tranquilles. On a le droit d'être blond en 2019.
(Dixit une fille qui n'est pas blonde.) (Enfin, ça dépend.)

Le sujet t'intéresse ?
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Littlejohn

Illustration par Aemarielle

J'ai créé Littlejohn avant de créer Mel (comme j'ai créé Léon avant de créer Anaëlle).
En 2011, plongée dans la première saison de Game of Thrones, une scène m'a marquée. Plus qu'une scène, une phrase. Et la phrase a déclenché une série de questions.
Et si...?
Et si Littlejohn vivait dans notre monde à nous ?
Blogueur influent, tout en étant anonyme, Littlejohn se cache derrière ses écrans, derrière ses mots, derrière les centaines de commentaires qu'il reçoit quotidiennement. Il est un fantasme, l'homme idéal pour beaucoup de ses lectrices.
Dont Mel.
À travers ses mots, Mel essaie de faire son portrait-robot, et voici l'illustration, parmi tant d'autres, qu'elle préfère. Réalisée par @aemarielle, voici comment Mel imagine Littlejohn. 
Dans son anonymat.
Dans sa timidité. 
Dans son romantisme.
Cette illustration, je la mettrai dans un cadre comme l'a fait Mel. Parce que c'est par elle que leur histoire commence... 

Aujourd'hui, on est le 7 août.
C'est la sortie du broché de LA RÉELLE HAUTEUR DES HOMMES.
J'espère qu'il touchera de nouvelles lectrices et qu'il sera aimé, et accepté, pour tout ce qu'il est. ♥️

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Melanie Gordon

Illustration par Aemarielle


Melanie Gordon, dite Mel, fille d'une Anglaise et d'un Jamaïcain, vivant à Londres depuis toujours, est tout ce que je ne suis pas.
Archi-organisée, lève-tôt, boit des litres de thé, fait pousser une serre amazonienne dans son minuscule appartement, a une vie sociale trépidante, fait le tour des galeries d'art, des musées et des expositions, passe tous les dimanches en famille et son téléphone ne sert qu'à téléphoner. 
En même temps, l'histoire démarre en 2011, Instagram n'était pas aussi en vogue... Par contre, blogueuse, elle utilise Twitter et Facebook, mais ne se montre jamais. Sa photo de profil est un auto-portrait façon Van Gogh...
Mais dans toute cette vie réglée, trop réglée d'après sa mère, arrive un ouragan. 
Littlejohn.

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Léon Taieb

Illustration par Aemarielle


Anaëlle décrit Léon comme un « Brun méditerranéen comme des milliers de Bruns méditerranées à Montpellier ». 
Il est brun, oui, Méditerranéen, entièrement, poilu, très !
Il est également souriant, à la supérette où travaille Anaëlle, on l'appelle M. Joyeux. Toujours le sourire, toujours un mot pour chacun. Il connaît les noms de tous les caissiers, se souvient de toutes les histoires qu'ils lui racontent. 
Léon est drôle, insouciant, bienveillant, tactile, optimiste, et un peu « je m'en foutiste » sur les bords. Lorsque cela le concerne son indépendance, pourtant, il perd un peu de sa jovialité...
J'ai créé Léon en écoutant Hello, de Lionel Richie.
Il s'appelait Lionel, lorsque l'idée a germé. Ça n'a pas duré. 



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Anaëlle Lafarge

Illustration par Aemarielle


Anaëlle est dans une spirale de négativité lorsque LES YEUX DE LÉON démarre.
Fille unique élevée par sa mère, aujourd'hui décédée, elle se referme dans sa bulle, sans vie sociale, avec ses complexes pour seule compagnie.
Anaëlle a du mal à se débarrasser des marques que sa mère a laissées. Malgré son absence, Heilani est encore très, très, présente dans l'esprit, et dans la vie de sa fille...
Vous vous souvenez de ce que je disais à propos de la famille ? Et des mères ? Voilà...



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