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Bienvenue, je m'appelle

Jo Ann von Haff

Quand je lui ai demandé d'où venait mon prénom, mon père est devenu tout rouge. Il a avoué, en toussotant beaucoup, en s'éclaircissant souvent la gorge, qu'il l'avait trouvé dans un roman. Un roman à cochoncetés. Il ne me manque plus que boucler la boucle et écrire les prochaines Cinquante Nuances de Grey. J'aurais dû commencer par là, au fait.

Mon nom est la représentation de ma multiculture : angolaise d'origine luso-allemande et d'expression française. Ma normalité est un melting-pot, mon éducation est multiculturelle, ma voix est polyglotte.

J'écris des histoires d'aujourd'hui, avec des héros de tous les jours et de tous les horizons, des personnages qu'on peut croiser dans la rue. Mes romans reflètent le monde tel que je le vois : moderne, global et sans frontières, où chacun a sa place.

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Parisienne bibliophile, passionnée et bordélique, Petula Simon aime faire la fête, surtout danser le zouk et la salsa. Entre son travail de chroniqueuse littéraire pour un magazine multimédia et sa colocation, elle croque la vie à pleines dents.
Puis sa vie organisée (de façon bordélique) se complique lors d'un bal de pompiers.
Entre danseurs sexy et écrivains charmants, le cœur de Petula balance, et zouke, et love...

ESTÓRIAS PARA NÃO EMBALAR


Publicadas em 2013 pela editora francesa L'ivre-Book, as estórias de  Pour une poignée de rêves estão traduzidas em português e publicadas no meu site www.joannv.pt !
Cliquem nos títulos para serem dirigidos.


Bicho do Mato foi escrito em português antes ser traduzido em italiano por Cristina Galhardo e publicado, em 2007, na revista Buràn. Em seguida foi traduzido para francês, para ser publicado no livro Pour une poignée de rêves.
Inspirada num encontro verídico.

Inspirado numa fotografia de Bénédite Topuz para o Festival internacional da Fotografia social de Sarcelles en 2012.

Inspirado numa história verídica.
(Não a minha.)

Inspirado numa fotografia de Rocco Rorandelli para o Festival internacional da Fotografia social de Sarcelles em 2011.

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1) Des milliers d'idées à la seconde, tu auras.
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4) À la wannagain freestyle, tu écriras.
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6) Un roman à la fois, tu écriras.
7) Des rêves de tes histoires, tu auras.
8) Des héros troublés, tu auras.
9) Divers, tu les créeras.
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[Wattpad] ROMÉO CHERCHE JULIETTE [NaNoWriMo 2017]


Directeur d'école primaire et conteur d'histoires, Roméo est pourtant un des hommes les plus réservés de Marseillan. Tellement réservé, qu'il risque de mourir célibataire si ses proches ne s'en mêlent pas. Ces derniers décident de lancer une campagne sur les réseaux et les ondes très particulière. 
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📍 Pourquoi je ne veux pas d'un James Bond noir

Dans Comment ajouter de la diversité dans ses romans, j'ai une partie qui parle de la nouvelle tendance hollywoodienne qui consiste à prendre un personnage de fiction qui existe déjà (en blanc) et le color(i)er pour entrer dans la case « représentation ». Cette tendance qui m'horripile.
Cela fait deux ans que j'ai l'idée un peu plus longuement à ce sujet, mais l'article est resté dans mes brouillons. Deux ans. Il pourrait y rester, mais il y a quelques semaines, je suis tombée sur le casting de l'adaptation des Bridgerton de Julia Quinn, et ça m'a un peu sorti de mon zen.

(Si je parle autant de garder son zen, c'est parce qu'à la base, je ne le suis pas vraiment : j'ai un seuil de patience très bas, alors je me détache des sources de conflits très vite. Ça marche la plupart du temps. Voici l'exception à la règle.)

J'ai découvert les Bridgerton en 2016 avec Daphné et le Duc, mille ans après les fans de la première heure, donc. (Comme d'habitude !) J'ai adoré ce premier tome, j'ai donc dévoré les suivants (jusqu'au septième, Hyacinthe, les autres sont encore dans ma wishlist sur Amazon).
Je n'ai pas aimé toutes les histoires de la même façon que j'ai aimé Daphné, mais Daphné était suffisamment forte pour que je continue la série, et que je continue d'avoir envie de lire Julia Quinn. Et quand j'ai appris que Shonda Rhymes allait adapter l'univers pour Netflix, j'ai fait woot dans ma tête.
Contrairement à beaucoup de lectrices, j'adore les adaptations, et les livres que je lis (mille ans après les autres) sont rarement adaptés ! (Je pense à l'univers de Mercy Thompson que j'adorerais voir à l'écran, rien que pour Charles...)
Mais l'enthousiasme a fait plouf très vite quand j'ai vu le casting.
Sorry what? Le duc de Daphné est métis ?

(Pause.)

Je n'ai rien contre Regé-Jean Page, je ne le connais pas, je ne l'ai jamais vu à l'écran, et il n'est pas laid du tout.
MAIS.
Un duc qui n'est pas blanc en 1813 en Angleterre ?
Pour de vrai, de vrai ?
Et si mes souvenirs sont bons (2016, c'est le siècle dernier, quasiment), Simon est un bon parti ?

Je suis une royal watcher depuis ma naissance (la faute à ma mère, grande fan de Diana), avez-vous idée de ce que ça veut dire faire partie de l'aristocratie anglaise de nos jours sans être blanc ? En résumé, ce n'est pas gagné. En 2019. Et en 1813, le duc est métis, no biggie. Il ne serait pas un bon parti (pour les aristocrates) aujourd'hui, let alone au XIXe siècle.
Déjà qu'épouser un membre d'une famille royale étant d'une nationalité autre (ou même d'une religion autre), c'est un peu problématique encore de nos jours, alors d'une autre race ? Vous plaisantez ?
Avant Meghan Markle, il y a eu Angela de Liechtenstein (panaméenne, elle s'est mariée en 1999 au prince Maximilien, deuxième fils du prince régnant) (un peu comme Harry) et Emma Thynn, vicomtesse (depuis 2012, et qui sera sûrement la première marquise non blanche de l'histoire d'Angleterre). 
Toutes les trois, femmes du XX(I)e siècle, ont subi des attaques racistes de la famille directe. La belle-mère d'Emma Thynn a même été bannie de leur mariage.
Et on va me dire qu'en 1813, tout va bien ?

Le métissage dans la haute société anglaise n'est pas nouveau, loin de là. 
Quand j'ai su pour ce casting à la noix de coco, j'ai tout de suite pensé au film Belle, basé sur la vraie histoire de Dido Elizabeth Belle, fille illégitime d'un amiral britannique et d'une esclave. Elle a été élevée par l'oncle de son père et sa femme, le comte et la comtesse de Mansfield. Elle grandi avec sa cousine Elizabeth, elle a été aimée et choyée, elle a eu des privilèges certains, mais malgré tout cela, elle restait une esclave et elle restait un secret, cachée dès que des inconnus passaient la porte. 
Dido est morte en 1806. 
L'esclavage a été aboli en 1807.

Et un duc métis est un bon parti en 1813.
(J'ai à nouveau perdu mon zen.)

Et James Bond dans tout ça ?

James Bond est juste la somme et, ou ?, le résumé de cette tendance que je trouve méprisante.
Méprisante.
Condescendante.
Et paresseuse.

Je reprends ce que je disais à ce sujet : pourquoi faut-il que James Bond soit noir ? Pourquoi prendre ce qui existe et le transformer au lieu de créer un personnage entier, complet, avec une véritable histoire ? Un 008, par exemple !

Vous savez pourquoi des films comme Black Panther ou Crazy Rich Asians fonctionnent du tonnerre auprès de leurs communautés respectives (en plus de toutes les autres ?) (il y a plus de similarités entre l'Angola et Singapore que l'Angola et Wakanda, soit dit en passant) ? On ne s'est pas contenté d'un colour blind casting. On ne s'est pas contenté d'un feutre marron. On ne s'est pas contenté de changer un nom.
(Ce sont des propositions que j'ai faites dans Comment ajouter de la diversité dans son roman pour des personnages secondaires. Pour des principaux, il faut un peu plus d'huile de coude.)
Dans ces deux films-là, il y a un passé, une histoire, un contexte. On ne se contente pas de poser un personnage « différent » là (quelque part), on crée ses racines, on raconte sa culture, ses traditions
Pour moi, les héros issus de minorités, peu importe lesquelles, peuvent (et doivent) être ennuyeux de banalité, mais cette banalité, cette « normalité » ne peut pas empêcher de les ancrer dans un contexte.
Le leur.

Quand je mets Mike et Pol en scène, ce qui leur arrive pourrait arriver à n'importe de qui, de n'importe quelle origine, de n'importe quelle classe sociale. Cependant, ces événements leur arrive à elles. Et même si elles sont laïques (et même athée pour Mike), elles sont de culture juive, elles ont eu une éducation juive. 
Ce n'est pas flagrant pour ceux qui ne connaissent pas le judaïsme ou qui n'ont pas quelques bases. Quand Mike se dit que sa mère aurait une syncope en voyant son steak avec une sauce à la crème, quand elle touche la mezouzah en rentrant dans l'appartement de Palavas-les-Flots, quand Pol demande une salade sans fromage ni porc, quand les jumelles portent des manches longues pour ne pas montrer leurs tatouages... Tout ça ne fait qu'une ligne, mais ce sont ces lignes qui font que les jumelles sont ancrées dans leur contexte : elles viennent d'une famille juive pratiquante même si elles ne le sont pas.

Lors de son discours d'acceptation aux Golden Globes de 2018, Sterling K. Brown de This Is Us explique que toute sa vie, il a été accepté grâce aux colour blind castings, lorsqu'on choisit l'acteur pour son talent plus que pour ses origines. C'est d'ailleurs le système de Shonda Rhymes. Mais si ça marche pour Grey's Anatomy (on développe le passé des personnages en partant des acteurs), ça ne marche pas vraiment avec une adaptation.
(Enfin, je dis ça...)
Dans son discours, Brown ajoute un « let's throw a brother into this role » (traduction à peu près : « ajoutons un cousin pour jouer ce rôle) (dans mon idée de ce que ça veut dire : « ajoutons un cousin dans le film, on aura notre quota et on n'en parle plus »). Il rend hommage à Dan Fogelman qui a écrit le rôle d'un homme noir pour être joué par un homme noir. « I am being seen by who I am,  and being appreciated for who I am. » (Traduction à peu près : « Je suis vu pour qui je suis, et je suis apprécié pour qui je suis. »)

Pour les gens qui défendent les James Bond noirs ou les ducs métis, est-ce que vous saisissez la douleur que cela peut engendrer ? De nous caser quelque part parce que... c'est bien la diversité ? Parce que c'est important, la représentation ? Est-ce que vous comprenez que les acteurs issus de minorités finissent par accepter ce genre de rôles (le coloriage politiquement correct, donc) parce qu'il n'y en a pas d'autres rôles disponibles ? Parce que les producteurs ne prennent pas le temps (ou ne donnent pas d'argent) pour des rôles faits spécialement pour eux ? Parce que, voyez, un film avec des minorités, ça ne vend pas ? Est-ce que vous comprenez pourquoi Black Panther et Crazy Rich Asians parviennent à passionner les foules rien qu'avec le casting (sans même parler d'intrigue, de qualité, etc., c'est au goût de chacun) ?

Je (re) mentionne Michelle Rodriguez qui propose de laisser tomber cette idée d'essayer de caser un (super) héros existant dans une autre culture et de commencer à créer « nos propres mythologies ». Comme... Black Panther.
Comme Storm.
Comme Falcon.
Comme Luke Cage.
Nous méritons des rôles pensés pour nous. Des personnages pensés, créés, pour nous.
Sinon, c'est du recyclage, c'est du rebus.
C'est du mépris, de la condescendance, aussi simple que ça.

Les rares fois où je lis les commentaires à ce sujet, je note tout de même une (autre) tendance : ce sont souvent les Blancs qui sont ravis avec cette idée.
Let that sink in.



« Mais c'est bien, d'ajouter de la diversité. »
Les gens, il y a des livres EXISTANTS avec de la diversité à la même époque, et peut-être même écrits par des romanciers qui ne sont pas blancs. Allez les chercher, les lire, les adapter. Ils existent. Ils sont là. Soyez un peu plus curieux. Si on veut une histoire avec une distribution diversifiée, choisissez des personnages issus de minorités (visibles ou invisibles). C'est aussi simple que ça, on ne vous demande pas d'inventer la roue.

« Mais on fait bien du whitewashing. »
Et c'est mal ! On ne corrige pas un tort avec un tort, cela reviendrait à la loi du talion, et on sait ce que ça donne, à la fin.
La meilleure façon de corriger un tort, c'est de faire les choses bien. 
Cf réponse précédente.

« Mais une adaptation peut être libre. »
C'est pour cette raison que ma plus grande peur concernant les adaptations n'est jamais les choix scénaristiques mais la distribution. Je me suis souvent dit que, dans l'éventualité, hypothétique, pas impossible, d'un jour avoir un texte adapté, j'aurais du mal avec un acteur ou une actrice que je n'apprécie pas du tout, mais finalement, ce serait le cadet de mes soucis.
Je décris mes personnages parce que je sais parfaitement qui ils sont, et leur physique fait partie de cette connaissance. Alors si on prend un personnage blond pour en faire un Noir ou un personnage d'origine asiatique, cousins, je vais mal le prendre. S'il est blond, c'est qu'il est blond, point. Et je ne retournerai pas ma veste et je ne dirai pas publiquement « je suis très heureuse avec le choix » parce que ça ne serait pas crédible pour un sou, surtout que ça fait des années que je parle de l'importance de la description des persos.
Dans l'éventualité hypothétique pas impossible d'avoir un de mes romans adaptés à l'écran, j'ai suffisamment de diversité dans mes histoires pour éviter ce genre de couac. Enfin, je le crois ?
Hermione de Harry Potter est devenue noire dans la pièce The Cursed Child, J.K. Rowling a dit qu'elle était ravie alors que les fans étaient partagés. Alors, je n'ai lu que le premier tome de Harry Potter et je ne me souviens pas des détails, alors...
Pour revenir aux Bridgertons, Julia Quinn insiste sur le physique de ses héros, mais elle se dit « ravie » du choix après l'avalanche de commentaires. Pourquoi pas.


En bref

Ne pas sauter de joie lorsqu'on annonce ce genre de changement ne signifie pas être raciste, c'est souvent le genre de réplique que je vois quand quelqu'un a le culot de dire qu'il n'est pas d'accord.
Ce n'est pas du racisme.
D'un côté, c'est l'expression d'un raz-le-bol. De l'autre, c'est l'expression de l'amour pour l'œuvre originale qu'on défigure au nom du politiquement correct.
Si vous voulez des œuvres de romanciers issus de minorités (in)visibles, cherchez-les, vous les trouverez. Si vous voulez des œuvres avec des personnages issus de minorités (in)visibles, cherchez-les, vous les trouverez. Laissez les autres tranquilles. On a le droit d'être blond en 2019.
(Dixit une fille qui n'est pas blonde.) (Enfin, ça dépend.)


Guide pratique

Au programme :

Pouvez-vous créer un personnage d’une autre communauté que la vôtre ?
Oui !
Devez-vous absolument avoir un personnage différent (de vous) dans votre roman ?
Non !
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📍 Plaidoyer pour un héros de romance (plus) banal [2.0]

[Mise à jour de l'article publié en mars 2017.]


« Je ne peux pas fantasmer sur quelqu’un comme ça, ça ne me fait pas du tout rêver. »

Pour une partie des lectrices, le fantasme est forcément « alpha ». La définition zoologique basique et résumée dit que l’alpha est un mâle dominant, les autres mâles se soumettent et les femelles s’offrent.
Il existe des sous-catégories d’alpha comme le bad boy, l’alpha brute de décoffrage, ou le milliardaire, l’alpha puissant. (Il peut être les deux en même temps.) Dans les deux cas, il est toujours très beau, magnétique ; les autres hommes se prosternent (ce qui ne veut pas forcément dire qu’ils sont soumis, ils attendent peut-être juste le bon moment pour un coup foireux), et les femmes s’offrent.

Quand on s’éloigne de cet archétype, on provoque deux sortes de réactions : soit les lectrices adorent, ravies de lire autre chose, soit elles détestent. Et elles détestent vraiment. Quand c’est le cas, ça me touche, ça me frustre, non pas pour moi, mais pour tous ces personnages atypiques (les miens et ceux des autres) qui n’ont pas la côte, et surtout, surtout, pour tous ces héros de la vie quotidienne qui n’entrent pas dans ce moule en téflon.
L’alpha est un héros intemporel, façon Dracula. Il est blanc, majoritairement américain, beau, charismatique, séducteur, mystérieux et de préférence milliardaire. Je me demande souvent pourquoi est-ce que millionnaire n’est pas suffisant, d’ailleurs. Que peut-on faire avec tout cet argent ?
(Oui, je me pose des questions existentielles.)

Le play-boy milliardaire est James Bond version Yankee sans le gilet pare-balles et le martini (quoique).

(Pendant que j’écris cette introduction, il y a Comment épouser un millionnaire qui passe à la télévision, un film de 1953 (même mes parents n’étaient pas encore nés) avec Marilyn Monroe et Lauren Bacall.)
(Intemporel, je disais.)


Quand on choisit de lire une romance, on veut s’évader. Peut-être apprendre quelque chose en cours de route, mais on veut surtout rêver, si possible fantasmer. On aimerait, le temps de la lecture, s’identifier à un des personnages, avoir le monde à nos pieds, vivre dans un monde fait d’amour et d’eau fraîche, où on n’a ni problème d’argent ni maladies. L’alpha (milliardaire, surtout) est l’ensemble de tous ces rêves et fantasmes.

J’ai des héros millionnaires et/ou bad boys et/ou beaux gosses dans mes propres romans (tous genres compris). Saffron dans Aujourd’hui ne se termine jamais, Krone dans Tango à minuit, Zacharie dans Place Vendôme en hiver… Je les aime à mort même quand ils ne le méritent pas. Surtout quand ils ne le méritent pas, d'ailleurs. Je ne suis pas insensible au charme d'un héros de ce genre (je ne suis qu'humaine, les gens !).
Je ne vais donc pas écrire un pamphlet contre les alphas (en plus d’être beaux gosses), ce n'est pas le but de la manœuvre et c'est assez peu productif, à mon avis, parce qu'il y a de la place pour tous les goûts, toutes les envies. Quand je plonge dans les romances de Lisa Kleypas ou d’Eloisa James, c'est rarement pour leurs personnages indigents (hint : il n'y en a pas). Mais cet archétype occupe tellement le paysage qu'il laisse très peu de place aux autres personnages.

Alors je vais écrire un plaidoyer pour tous les autres, les héros des romances feel-good.
Parce que je ne sais pas si vous l’avez remarqué, si le héros a un travail banal, un salaire moyen et une famille normale (avec ses particularités), c’est forcément feel-good.
(Combo gagnant pour l’éleveur de brebis dans le Cantal totalement à la ramasse.)
(J’adore L’amour est dans le pré, soit dit en passant.)


Aimer l’alpha et le voisin d'à côté n'est pas contradictoire.


1. Ces héros qui gagnent un salaire moyen

Heureusement pour nous (la majorité des lectrices), l’amour et la passion ne sont pas limitées au nombre de zéros après le 1 (et avant la virgule) sur nos comptes. L’imagination est démocratique. (La preuve, on écrit, on lit, on s'invente des histoires.) Qu’est-ce que ce serait si nos vies, si on ne pouvait pas être romantique avec trois bouts de ficelles ?

On n’est pas tous Krone qui invite Cassandra à manger un dîner de quatre plats et vins assortis dans son château de contes de fées.
(La mangeaille, c’est la vie, au cas où tu ne l’aurais pas remarqué…)

2. Ces héros qui gagnent moins (que les héroïnes)

Ça rejoint la dominance habituelle des héros sur tous les pans de leurs vies : ils gagnent toujours plus que les héroïnes. Évidemment, ils n’occupent pas les mêmes positions, ils ne travaillent pas dans le même domaine (enfin, ça dépend s’il s’agit d’une romance de bureau), mais ils sont toujours patrons.
Parfois (soyons réalistes aussi, n’est-ce pas, ce n’est pas ce qui est le plus commun dans la vraie vie en dehors des romans) les femmes gagnent plus que leurs compagnons, et c’est OK.
Dans mon entourage (très) proche, il y a deux couples où l’épouse gagne plus que son mari. Culturellement parlant, c’est une source de conflit et pas uniquement dans le couple, car la perception de la société (de la famille) peut également peser.

Pour ce coup, mea culpa, mea maxima culpa.
Si Mel et Littlejohn sont à peu près à égalité, Anaëlle est au chômage et Jade est femme de ménage en situation précaire. Cassandra gagne bien sa vie, mais elle ne peut pas rivaliser avec un châtelain.
J’ai bien Dan qui est la cheffe de Patrice, mais statistiquement, c'est anecdotique…

3. Ces héros qui ne sont pas blancs

Ce n'est pas compliqué de rendre ses personnages plus sombres de peau ou de brider leurs yeux, ou de leur donner une goutte de sang d'ailleurs… Entre Mel, Léon, Anaëlle et Jade qui ne sont pas blancs, j’ai également un entourage diversifié. Parce que c’est mon « normal ».

📍 J'ai écrit plus longuement à ce sujet dans Comment ajouter de la diversité dans ses romans.

4. Ces héros qui ne sont pas américains

Les États-Unis font rêver pour leur immensité, pour la possibilité de réaliser ses rêves, mais il y a 192 autres pays dans le monde. Voyager est permis (malgré les difficultés croissantes à obtenir des visas, ahem).

Commentaire à propos du Temps volé de Chloé Duval :
« Les côtes bretonnes ne me font pas rêver. »

Commentaire à propos de Rendez-vous à Pigalle, également de Chloé Duval :
« Le métro à Paris, beurk ! »

Et dire que les Américains adorent les côtes bretonnes et que c'est d'ailleurs cette touche qui a fait que Temps volé soit traduit dans plusieurs langues dont l'anglais ! Nul n'est prophète en son pays, dit-on, et c’est dommage. Je suis sûre que les côtes du Connecticut et le métro new-yorkais n'auraient pas eu le même traitement...

On n'est pas obligés de rester en France, non plus. En plus, je ne suis pas française, alors bon... Pourquoi pas la Scandinavie ? La Tanzanie ? Le Chili ? Singapour ? On peut trouver l'amour partout dans le monde, encore heureux, et y réaliser ses rêves aussi. Ce ne sera peut-être pas aussi speed qu'aux États-Unis (et encore, ça dépend d'où exactement, comme partout...), mais c'est possible, cela arrive même tous les jours.

Je place beaucoup de mes histoires en France parce que, de tous les pays où j’ai vécu, c’est en France où j’ai vécu le plus longtemps et où se trouve une de mes villes de cœur (Montpellier ♥). J’ai fait une escale à Londres et je commence à m’étendre au Portugal.
L’Angola en particulier et l’Afrique en général manquent encore à l’appel, mais j’y travaille.

📍 J’en parle un peu dans J’ai une ferme en Afrique.

5. Ces héros qui ne sont pas beaux

Je ne veux pas dire, mais les « pas si beaux que ça » sont bien plus nombreux que ceux qui sont extrêmement beaux gosses. Cela ne veut pourtant pas dire qu'ils sont dépourvus de charme ! La beauté est dans les yeux de celui qui regarde, et parfois, la beauté physique n'est pas suffisante pour rattraper un crétin (ça, ce n'est que mon avis...). 
Une histoire est gagnante quand elle parvient à nous faire oublier nos goûts et/ou nos préjugés. Par exemple, je n’ai jamais trouvé Hugh Grant intéressant, mais dans les films comme Notting Hill, je me prends à l’apprécier, voire même à l’aimer.
C’est une des raisons pour lesquelles je préfère que les auteurs décrivent leurs personnages : je veux savoir qui ils ont en tête et apprendre à les aimer tels qu’ils ont été imaginés. Si je regardais Notting Hill avec un acteur que j’aime bien (genre Brad Pitt dans Légendes d’automne), je serais conquise d’avance. Mais le talent d’un romancier / scénariste, c’est de me faire aimer quelqu’un qui n’est pas du tout mon genre (Hugh Grant, donc).
Les personnages flous me frustrent pour cette raison. Je n’ai pas envie de coller un masque sur un acteur au moment d’aller au cinéma pour que je l’imagine comme je le veux.

C’est pour cette raison que je décris Littlejohn avec sa différence, Léon avec ses poils (!), Jules avec ses brûlures. Selon les canons habituels, ils ne sont pas beaux, mais j’espère que mes lectrices les aiment presque autant que moi.
(Littlejohn est extrêmement beau gosse, mais c’est à mes yeux, il y a des lectrices qui ne sont pas du tout d’accord.) (Oui, il y a des commentaires féroces à ce sujet.)

6. Ces héros qui sont plus jeunes (que les héroïnes)

Je ne sais pas si cela a un rapport avec le présumé décalage de maturité entre les filles et les garçons, mais à 98 % du temps, les héros sont toujours plus âgés que les héroïnes, et cet écart peut monter jusqu’à 10+ ans. Il est normal d’avoir un héros dans la trentaine, mais l’héroïne est souvent dans la vingtaine. Ce n’est pas un souci en soi, c’est même banal dans la société. J’ai également tendance à suivre ce schéma (bouh pour moi).
Où sont les jeunes hommes qui tombent amoureux de femmes plus âgées ? Quand ma grand-mère maternelle a épousé mon grand-père, elle avait 28 ans et lui en avait 20 ans…

En définitive, une héroïne peut être plus âgée que son love interest, mais d’expérience, elle ne peut pas approcher la quarantaine. Si, si, c’est un argument donné plus d’une fois en ce qui concerne ma Dan qui a osé avoir cinquante-deux ans et qui a le double de l’âge de Patrice.
Je ne sais pas si j’aurais eu droit à un refus aussi catégorique si Dan était un Dan…

7. Ces héros qui sont puceaux

Je me souviens d'une discussion, à propos de romance justement, où on disait que ça n'existait pas (dans le monde réel), des puceaux passés les 25 ans, alors que justement si. Mais vu ce genre de réaction, tu m'étonnes que ça ne se crie pas sur tous les toits...
C'est incroyable que dans un monde où on prône la libération du corps et la liberté sexuelle, on ne laisse pas la place à ceux qui, pour x raisons (religieuses, culturelles, personnelles), ne veulent pas avoir des relations sexuelles du tout, qui ont fait vœu de chasteté, qui se réservent pour le mariage, qui attendent le jour parfait, etc. C'est un choix, une décision, et je ne comprends pas pourquoi ce serait risible par rapport au choix de participer volontairement à des orgies.
Il n'y a pas que des filles vierges, il existe également des hommes puceaux, et on ne devrait pas qu'en faire des comédies.

8. Ceux qui sont vulnérables

Pourquoi un héros doit-il être le « chevalier sur son destrier », prêt à terrasser le dragon façon saint Georges ? Pourquoi doit-il être le roc de la relation ? Pourquoi tout pèse sur lui ? L’argent, la position sociale, la célébrité, la force, etc. ?
Je me souviens un jour, il y a des années (dix ? quinze ?), où on demandait à Lara Fabian ce qu’elle pensait d’un homme qui pleurait (aujourd’hui, je me demande pour quelle fichue raison on lui a posé cette question). La réponse de Fabian m’a marquée tant, que je m’en souviens parfaitement aujourd’hui encore : « c’est beau un homme qui pleure, et qui a l’honnêteté de le faire ».
Du coup, pourquoi n’avons-nous pas d’héros plus honnêtes sans qu’ils ne soient vus comme des êtres fragiles sans charisme ?

Littlejohn est mon héros le plus vulnérable, sans aucun doute et loin devant. Sans Mel, je ne sais pas dans quel état je le récupérerais…

9. Ceux qui ne sont pas traumatisés

Okay. Là, je me tire une balle dans le pied, j’ai un faible pour des héros avec des cicatrices, alors je me pose la question à moi aussi : où sont les héros qui ne viennent pas de familles dysfonctionnelles, qui n’ont pas eu de relations abusives ou de divorces catastrophiques, qui n’ont pas été victime d’un accident ?
Je ne sais pas, mais j’y travaille.
(Laissez-moi corriger, bis.)

10. Ceux qui sont différents

Un commentaire à propos de La Réelle Hauteur des hommes.
« Quand j'ai découvert le secret de Littlejohn, j'ai abandonné le livre. Ça ne me fait pas rêver du tout ! »

Un commentaire à propos d'un roman de Sara Agnès L. où il est également question de handicap :
« Ça aurait été mieux s'il n'était pas dans un fauteuil roulant. »

Ces critiques sont celles qui me dérangent le plus, comme si seuls les valides avaient droit à être sexy et à être aimés. Et ça me dérange tellement que je préfère ne pas m’attarder.


EN RÉSUMÉ


Un/e auteur/e/trice a le droit d'écrire ce qu'il/elle veut, comme il/elle veut. 
La liberté de création est primordiale et cela ne me passerait jamais par la tête d'exiger (lol) que quelqu'un place son histoire là d'où il vient. Ce serait doublement hypocrite, de ma part, non seulement parce que je situe rarement mes affaires en Angola et parce que j'ai des héros qui sont parfois américains / richissimes / BG / playboy / etc. 
(Je suis humaine, etc.)

Ce que je demande c'est juste de donner la chance aux autres auteurs/es/trices, qui nous plongent dans le RER parisien ou dans un chalet au Québec.
Dans l'univers des possibles, il est plus probable de croiser ceux-là plutôt qu'un milliardaire (beau gosse ou pas) et on a parfois besoin de lire une histoire qui pourrait nous arriver.
J'adorerais savoir que la personne que je croise dans la rue est en train de vivre une histoire d'amour exceptionnelle. J'aimerais qu'on puisse avoir droit à des histoires superbes tout en étant instit, notairekiné, secrétaire, architecteblogueur ou chômeur.

Ce n'est pas parce qu'on ne vit pas dans un palace qu'on n'a pas le droit à une vie de rêve.

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