Jo Ann von Haff

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Bienvenue, je m'appelle

Jo Ann von Haff

Quand je lui ai demandé d'où venait mon prénom, mon père est devenu tout rouge. Il a avoué, en toussotant beaucoup, en s'éclaircissant souvent la gorge, qu'il l'avait trouvé dans un roman. Un roman à cochoncetés. Il ne me manque plus que boucler la boucle et écrire les prochaines Cinquante Nuances de Grey. J'aurais dû commencer par là, au fait.

Mon nom est la représentation de ma multiculture : angolaise d'origine luso-allemande et d'expression française. Ma normalité est un melting-pot, mon éducation est multiculturelle, ma voix est polyglotte.

J'écris des histoires d'aujourd'hui, avec des héros de tous les jours et de tous les horizons, des personnages qu'on peut croiser dans la rue. Mes romans reflètent le monde tel que je le vois : moderne, global et sans frontières, où tout le monde a sa place.

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Bibliographie
 Au Sorbier des Oiseleurs, premier conte d'Aucelaire, conte de fées revisité, aux éditions MxM Bookmark, Collection Infinity
 Les Yeux de Léon, romance contemporaine aux Éditions BMR
 La Réelle Hauteur des hommes, romance 2.0 aux éditions BMR
Derniers articles

[Extrait] La Réelle Hauteur des hommes, BMR

La radio s’alluma à 8 heures. Mel se retourna dans son lit et se couvrit le visage, elle n’avait aucune envie de se lever. Elle écrasa l’oreiller sur sa tête, mais Upside Down de Diana Ross devenait de plus en plus entêtant, une torture ! Illustratrice indépendante de profession, Mel travaillait seule la plupart du temps. À son grand dam, elle ne pouvait déléguer pour faire une grasse matinée. Elle repoussa sa couette et glissa hors du lit. Les yeux encore fermés, elle releva ses longues tresses sur le haut de la tête, se brossa les dents et prit une douche.
Mel était une jeune femme aux innombrables rituels. Du lundi au vendredi, chaque matin commençait exactement de la même manière. Dans sa kitchenette américaine, elle mettait la bouilloire en marche avant d’allumer son ordinateur posé sur la table de travail juste derrière le canapé et lancer son lecteur de musique. Elle tirait les rideaux, ouvrait les fenêtres et laissait l’air pénétrer son minuscule salon. Même lorsque Londres se réveillait sous la pluie, elle ne dérogeait jamais à cette habitude. Pendant que l’eau chauffait, Mel arrosait la dizaine de plantes qui transformait la pièce en jungle urbaine, et quand le sifflement lui parvenait, il était 8 h 30 à l’horloge accrochée au mur orange vif, au milieu d’une série de reproductions réalisées avec sa mère. Elle se préparait alors un thé, prenait des cookies, puis s’asseyait à son bureau. Les pieds sur le rebord du siège, elle gardait les deux mains autour de sa tasse, sauf lorsqu’il fallait cliquer sur la souris pour dérouler ou fermer les pages ouvertes sur les blogs et les réseaux sociaux. Et tous les matins, sans exception, elle débutait sa journée de travail en lisant le billet de 9 heures de son blog favori.
La Réelle Hauteur des hommes était comme un bon magazine : actualités, culture, sorties, voyages et relations, le tout, avec une touche très personnelle. Son auteur signait sous le pseudonyme de Littlejohn, et Mel, comme des milliers de lecteurs dans le monde entier, adorait le lire. Elle avait le béguin pour un homme dont elle n’avait jamais vu le visage, ne connaissait ni le vrai nom ni le son de la voix, mais elle était touchée par sa façon de voir le monde et par ce qu’elle percevait entre ses lignes. Parfois, elle essayait de se l’imaginer et le griffonnait au crayon gris dans son cahier de brouillon, épais comme l’annuaire. Pour elle, Littlejohn était un trentenaire aux cheveux et à la peau clairs. C’était vague mais suffisant pour qu’elle le décline en hommes de toutes les formes.
Lorsqu’elle fermait la page de Littlejohn, elle rebranchait son téléphone fixe réservé à ses clients et ouvrait enfin sa boîte aux lettres. Elle répondait aux e-mails, finalisait le dernier projet en cours ou en entamait un nouveau. Depuis qu’elle travaillait à domicile, Mel s’était imposée des règles strictes pour rendre tangible la frontière entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Elle passait plus de quarante-cinq heures par semaine devant l’ordinateur, un stylet à la main, une tasse de thé pas très loin, et elle refusait d’y ajouter son temps libre. Elle refusait même de changer de téléphone, préférant le vieil engin qui n’envoyait que des textos. Le soir, elle dînait devant la télé et dessinait, encore. Parfois, et uniquement parce que sa meilleure amie le lui rappelait souvent, elle faisait un peu de sport pour contrer tous les plats surgelés qu’elle consommait, mais c’était vain, elle priait pour que les litres de thé suffisent à nettoyer son système.
Le téléphone sonna peu avant midi. Mel décrocha avec le sourire :

— Melanie Gordon, en quoi puis-je vous aider ?
— Où est-ce que tu as encore fichu ton portable ? s’impatienta Alice. Ça fait cent ans que je t’appelle !

Mel grimaça et jeta un coup d’œil à sa table. Il y avait une pile de factures ordonnées sur le côté, l’appareil ne se cachait pas dessous. L’avait-elle seulement emmené dans le salon, ce matin ?

— Aucune idée, répondit-elle en haussant les épaules.
— Comme d’habitude…, grommela sa meilleure amie.
— Tu t’énerves trop vite, tu finiras par faire un AVC si tu ne prends pas soin de ton petit cœur noir.
— Mon petit cœur noir se porte à merveille. Les toiles d’araignées qui l’enveloppent le protègent assez efficacement.
— J’attends toujours, Alice. Je travaille, figure-toi.
— Moi aussi ! Je viens d’avoir une idée, c’est mon agent qui sera ravie parce que ça fait un an que je ne lui soumets rien.

Mel et Alice se connaissaient depuis la maternelle et étaient restées amies malgré leurs différences notoires. Alice était un oiseau de nuit qui voyait le monde en noir contrairement à Mel, irréductible optimiste qui ne jurait que par les couleurs et le soleil. À défaut de ne jamais avoir vécu au pays de son père, la chaleur de la Jamaïque courait dans ses veines. Elles avaient beau avoir des philosophies de vie à l’opposé, Mel et Alice avaient collaboré dans une demi-douzaine d’albums pour enfants qui aimaient les histoires d’horreur à lire dans les forteresses de draps à la lumière d’une lanterne.

— Quelle idée ? demanda Mel en s’emparant du bloc-notes.
— Un petit garçon façon Sophie de la comtesse de Ségur et un fantôme, répondit Alice.
— C’est de saison.
— La déco de Halloween à la librairie a dû m’inspirer. Tu fais quoi, ce soir ?
— Rien. Je vais me coucher tôt.
— Tu te couches toujours tôt.
— Uniquement si on compare mon rythme au tien ! J’ai eu du mal à me lever, ce matin. Non seulement j’ai l’impression que je paie encore la soirée de samedi dernier, mais en plus j’ai commencé à lire le polar que tu m’as recommandé. L’erreur de mon existence, je suis morte et je meurs encore.
— Tu es nulle, Mel. Pourquoi on est amies, déjà ?
— Je me pose cette question chaque jour que Dieu fait…


[Extrait] Au Sorbier des oiseleurs, MxM Bookmark, Coll. Infinity


Mardi 22 mars

Juste avant d’arriver au cinquième étage, Ginie s’assit sur les marches et enleva ses bottes. Il était presque 2 heures du matin, le son de ses talons retentissait bien trop bruyamment dans la cage d’escalier et cela ne tromperait en rien sa mère, mais cette dernière ne pourrait pas l’accuser de faire un esclandre. Ses bottes à la main, Ginie monta les dernières marches en courant ; le froid traversait ses bas noirs et elle avait l’impression de marcher sur de la braise. Alors qu’elle tournait la clé dans la serrure en sautillant d’un pied sur l’autre pour éviter d’attraper froid, la porte d’entrée s’ouvrit à la volée. Ginie lâcha le trousseau pour ne pas se blesser et déglutit péniblement.
Pour une entrée discrète, c’est raté.
Enveloppée dans son peignoir turc, sa tresse noire à moitié défaite tombant sur son épaule, Regina la fixait de ses yeux sombres et sévères.

— Où étais-tu passée ? l’interrogea-t-elle d’une voix dure.

Ginie récupéra sa clé et ferma doucement la porte avant de répondre :

— C’est mon anniversaire, maman…
— Est-ce une excuse pour rentrer à cette heure ? s’emporta sa mère. Un lundi ?

Un peu, oui.
Ginie venait de fêter ses vingt-cinq ans. Un quart de siècle ! Elle travaillait sans relâche et n’avait quasiment jamais de congés. Alors n’avait-elle pas le droit de sortir pour faire la fête avec ses amis afin de le célébrer ? Iris ne l’aurait jamais laissé passer la soirée en pyjama , de toute façon : elle lui avait organisé une soirée avec leurs amis, ils avaient mangé et dansé, avant de se retirer à des heures plus ou moins décentes. Après tout, ils travaillaient tous le lendemain. S’il ne tenait qu’à Regina, Ginie ne quitterait la maison que pour son travail et aller à la messe le dimanche, ce qu’elle ne faisait plus depuis un moment, pécheresse qu’elle était.

— Bonne nuit, maman, lâcha Ginie en se dirigeant vers sa chambre.
— Dieu punit les dévergondées, Virginia, la sermonna Regina dans son dos. Nous sommes en plein Carême ! Sans prière et sans rédemption, tu es condamnée !

Ginie n’avait même pas mangé une seule part du magnifique gâteau au chocolat que Cassandra avait commandé au Sorbier des Oiseleurs — leur point de chute gourmand —, le meilleur salon de thé d’Aucelaire, voire même de toute la région parisienne. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui avait manqué !
C’était peut-être ça aussi qui finalement irritait Regina: Ginie était née en plein jeûne. Peu étonnant qu’elle n’eut jamais droit de faire la fête… Regina ne lui avait jamais souhaité un joyeux anniversaire, et même si cela était tombé à un autre moment de l’année, Ginie n’aurait pas mérité un cupcake non plus. Regina ne ferait jamais rien pour inciter à un des sept péchés capitaux. Quand elle était petite, ses grands-parents lui offraient un livre ou une fleur, l’emmenaient pique-niquer avec les petits voisins, sans gâteau ni soda à cause de la période, mais Ginie n’aurait échangé ces moments pour rien au monde. Sauf qu’ils n’étaient plus là…
Ginie saisit la clé qu’elle portait autour du cou pour ouvrir sa chambre où elle s’enferma à double tour et s’adossa un moment contre le battant, lasse, si lasse. La soirée avait été tellement bien, pourtant !

— Je suis déjà condamnée à perpétuité, maman…, murmura-t-elle.

Selon Regina, Ginie ne faisait jamais rien de bien, alors à quoi bon essayer de la convaincre ? Ginie avait cessé d’argumenter et ne l’écoutait plus que d’une oreille.
Elle se dirigea vers la fenêtre en guillotine. Dans l’immeuble en face, Iris attendait avec sa petite amie Léonie, assise à la fenêtre, une jambe dans le vide et une tasse à la main. Même de loin, on ne pouvait pas manquer ses cheveux rouge vif. Ginie remonta la vitre, attirant le regard de ses amies et montra ses pouces vers le haut. ; Iris leva sa tasse en réponse. Elle était entrée, elle était dans sa chambre, saine et sauve, tout allait bien.
Ou pas si mal.
Comme elles travaillaient toutes les trois le lendemain, Ginie ne s’attarda pas. Elle referma la fenêtre, baissa les stores et se changea rapidement avant de se coucher dans son lit étroit. Sa mère priait devant sa porte, comme souvent lorsqu’elle était convaincue que sa fille avait péché. Ginie se laissa bercer par la rengaine. À force, elle ne distinguait plus les mots, elle n’entendait plus que le murmure monotone, aussi efficace qu’un somnifère. Avec un peu de chance, l’homme de sa vie, son prince charmant, celui qu’elle trouvait bien plus souvent dans les romans que dans la rue, viendrait lui rendre visite dans ses rêves…

* * *

À la frontière entre le cœur médiéval d’Aucelaire et la forêt de Saint-Mader qui bordait la Seine, se trouvait un ancien couvent dont le bâtiment avait changé de vocation depuis maintenant deux siècles et qui pourtant avait gardé son surnom. Pour les Aucelois, ce qui avait été autrefois la résidence et le lieu de travail des Sœurs Ouvreuses de la Garde serait toujours : le « Couvent ». Dans la partie résidentielle, à l’arrière, vivaient dix-huit femmes qui ne menaient pas du tout une vie monastique. Seize d’entre elles travaillaient pour le Sorbier des Oiseleurs, situé sur les deux premiers étages à l’avant. Depuis l’aube, les fours du salon de thé ne s’arrêtaient pas et l’odeur de farine cuite allait jusqu’à la rue. On organisait les présentoirs de gâteaux gourmands et de biscuits géants ; on remplissait les grandes corbeilles en osier de toutes sortes de pains et on sélectionnait les fruits pour les jus et les smoothies. Des mains agiles mettaient tout en place avant l’ouverture des portes. Jusqu’à 21 heures, l’établissement ne se désemplirait pas et les clients créeraient de véritables embouteillages à la caisse.
Henriette revint de la forêt par l’arrière du bâtiment, accompagnée de chats et d’oiseaux qui volaient à basse altitude. Elle referma la porte antique qui donnait sur la forêt en faisant attention à bien tirer tous les verrous, puis traversa la cour où les sorbiers des oiseleurs fleurissaient et dont les pétales tombaient sur les tables et les chaises couvertes de rosée. Pendant que les animaux disparaissaient dans différentes directions, elle se rendit sur l’avenue mouvementée par l’entrée de service et remonta ses lunettes sur ses cheveux poivre et sel coupés courts.

— Bonjour, tante Harrie !

Les passants continuaient de la saluer avec un sourire, sans s’arrêter. Depuis vingt ans, Henriette était la pâtissière préférée de la ville et sa renommée dépassait les frontières de la région parisienne.  Des touristes venaient à Aucelaire spécialement pour elle.

— Bonjour, les enfants, répondit-elle.

Léonie, qui longeait le trottoir sans se presser, ses boucles blondes au vent et les yeux brillant, remarqua Henriette. Elle ne contourna pas le bâtiment pour entrer dans la résidence et la rejoignit devant le salon.

— Comment va Iris ? s’enquit la doyenne en l’étudiant.
— Elle va toujours très bien, toujours d’excellente humeur. Un véritable soleil !
— Si je me souviens bien des consignes, on devait juste garder un œil sur elle, remarqua Henriette, les sourcils froncés.
— Je le fais avec les deux yeux, même, plaisanta Léonie avec espièglerie. Toute la nuit.

Deux tourterelles s’envolèrent ; les deux femmes les suivirent du regard.

— Tu vas le regretter, reprit Henriette sans relever son humour.
— J’aurai cent ans pour m’en remettre, répliqua Léonie avec un sourire ironique.

Henriette ne se laissa pas amadouer par sa nonchalance.

— Tu ne t’es toujours pas remise des cent derniers, lui rappela-t-elle.

Une ombre passa sur le visage de la jeune femme qui avala péniblement sa salive.

— Ne détruis pas ce que j’ai, demanda-t-elle d’une voix basse, tendue.
— Tu n’as pas grand-chose, Léonie.

La jeune femme jeta un regard blessé à la doyenne, puis repartit, le pas bien moins léger. Henriette ne ressentit pas la moindre once de culpabilité d’avoir été trop dure. Tôt ou tard, Léonie comprendrait que sa relation était vouée à l’échec.
Et le plus tôt serait le mieux.
Malgré sa réputation de mamie gâteau créole, Henriette dirigeait les dix-sept femmes du Couvent d’une main de fer. Elle relâchait parfois les rênes, mais jamais assez et jamais bien longtemps. Aucelaire était un sanctuaire, mais il y avait toujours des brèches dans la forteresse et les écarts de conduite n’étaient pas permis.
Leur vie commune en dépendait.

* * *

Bravant le froid, Ginie ouvrit la fenêtre de sa chambre et s’assit sur le rebord avec un sachet de graines acheté à l’animalerie. La nuit se dissipait lentement, la brume se faufilait parmi les maisons et immeubles, grimpant aux murs et couvrant les toits. Le quartier du Capitole, à l’extrême nord de la ville, était encore silencieux, même si des lumières commençaient à s’allumer à différentes fenêtres. Ginie resserra la ceinture de son peignoir en bâillant à se décrocher la mâchoire. Sa nuit avait été courte et aucun prince charmant n’était venu la visiter dans ses rêves. Uniquement les loups habituels, ses animaux préférés.
Deux tourterelles roucoulèrent en l’apercevant et décollèrent de la branche où elles étaient perchées pour atterrir sur ses épaules. Ginie versa les graines dans ses paumes et les oiseaux picotèrent sans se presser.

— Je sais que je n’aurais pas dû sortir un lundi soir, murmura-t-elle. Je suis morte et j’ai encore quatre jours devant moi… Cette semaine va être longue, mais longue…

La tourterelle grise la dévisageait comme si elle comprenait ce que Ginie racontait ; celle au ventre rose était bien plus indifférente, toujours en retrait, et ne s’occupait que de son gésier. Parfois Ginie avait l’impression qu’elle ne venait que pour tenir compagnie à sa compagne.
Comme si les animaux pensaient de cette façon !

— Il faut que je termine de me préparer, je suis déjà en retard, lâcha Ginie en versant les dernières graines sur le rebord de la fenêtre.

La tourterelle grise grimpa sur son bras, toujours plus aventurière que celle au ventre rose. Ginie caressa ses plumes un moment, puis la reposa avant de se relever.. Elle passa devant la porte de la chambre de sa mère sans faire de bruit pour se rendre à la salle de bain, se doucha, puis s’occupa de ses cheveux. Elle aimait jouer avec ses longues mèches noires, mais s’obligeait à les resserrer dans de stricts chignons parce que sa mère détestait la voir les cheveux lâchés : cela faisait d’elle une fille facile. C’était plutôt ironique quand on connaissait le désert de sa vie amoureuse dans l’ombre de sa mère fanatique. Toute personne saine d’esprit fuyait devant la réputation de Regina. 
Quand Ginie était encore enfant, sa mère avait puni le moindre écart de conduite en l’enfermant dans sa chambre, dans le noir, et en la forçant à écouter des sermons enregistrés sur des cassettes audio de l’autre côté de la porte. Ginie s’était trouvée ainsi dans l’impossibilité d’interrompre les litanies et elle ignorait encore aujourd’hui comment elle n’était pas devenue folle à l’époque. Depuis qu’elle était majeure, Ginie gardait la clé de sa chambre sur elle en tout temps. Elle avait passé l’âge de se faire punir, mais elle savait que Regina ne s’en priverait pas. La folie religieuse laissait des marques, plus ou moins visibles…
Quand elle fut prête, Ginie mit la table du petit déjeuner pour sa mère, couvrit le pain d’une serviette propre, sortit le beurre et la boîte de thé. Puis elle récupéra son sac à main, verrouilla sa chambre pour empêcher sa mère de détruire sa garde-robe, comme elle l’avait déjà fait quelques années auparavant, et s’en alla en dévalant les marches de l’escalier. Plus loin elle se trouverait, mieux elle se sentirait.
Ce matin, elle n’avait pas le temps de prendre son petit déjeuner au Sorbier. Elle fila sur son vélo, pressée, vers le quartier d’affaires. La tour Caramin s’élevait plus haut que tous les immeubles alentour et le cœur de Ginie s’alourdit. Aurèle Devers et Elizabeth Prinz avaient fondé l’agence de communication Prinz & Devers vingt ans plus tôt, et leur réussite enorgueillissait même le maire. Leur marque avait prouvé aux Aucelois qu’ils n’avaient pas besoin de déménager à Paris, à tout juste vingt minutes en Transilien, pour avoir du succès. Mais Aurèle avait récemment pris sa retraite et sa fille Anne l’avait remplacé. Depuis, l’ambiance conviviale de l’agence avait périclité. D’abord assistante d’Aurèle, Ginie avait hérité de la fille et le regrettait amèrement chaque jour ouvrable ainsi que le dimanche soir. Si elle n’avait pas été catholique, elle se demanderait quels crimes elle avait pu commettre dans ses vies précédentes pour mériter pareils châtiments. Elle était persuadée qu’elle n’avait rien fait dans celle-ci pour mériter un tel karma entre sa mère et Anne.
Après avoir rangé son vélo dans le stationnement cyclable, elle monta jusqu’au treizième étage. Anne n’arrivait jamais avant 10 heures, mais Ginie devait avoir traité tout ce que la directrice abandonnait sur sa table la veille en partant. Avant, Ginie accompagnait aussi Aurèle dans ses voyages à l’étranger. N’ayant jamais pu aller à l’université, elle profitait de chaque occasion pour apprendre et Aurèle était un excellent pédagogue. Entre deux rendez-vous, il l’emmenait dans des musées et voir des expositions. À présent, Anne ne l’emmenait jamais nulle part, ne lui disait jamais rien et ne discutait jamais avec elle. Ginie devait seulement se contenter de « oui », « tout de suite » et « absolument ».
Elle poussa la double porte en verre où était inscrit le nom de l’agence et se dirigea vers les premières tables de l’open space, celles des créatifs.

— Bonjour ! lança-t-elle.

Gus et Cassandra levèrent la tête en même temps. Le premier lisait le journal et la seconde mangeait une belle part de tarte aux pommes, le dessert préféré de Ginie. Elle en saliverait presque.

— La fête ne te réussit pas, se moqua Gus. Ce ne sont pas des heures pour venir travailler, dis-moi.
— Tu étais chez toi, tu avais juste à monter un étage pour te coucher, se défendit Ginie. Je suis rentrée à vélo, ça fait quarante minutes de trajet. Quarante ! Et j’ai été accueillie par maman, en plus.
— Miséricorde, souffla Cassandra, la bouche pleine.
— Je ne te le fais pas dire, bougonna Ginie.
— Tu devrais acheter des somnifères à ta mère, proposa Gus, très sérieux, avec une grimace. Et déménager, soit dit en passant.
— Je n’ai même pas l’argent pour payer la caution d’un placard à balai…
— Tu peux te payer une colocation, quand même.
— N’essaie pas de la convaincre, intervint Cassandra. Je lui ai déjà proposé de venir chez moi, j’ai une chambre disponible.
— Elle héberge tes chaussures, lui rappela Ginie de mauvaise foi.
— Tu envisages quoi, alors ? D’être canonisée ? continua Gus, sans pitié.

Ginie soupira. Elle comprenait ce que ses amis lui disaient, mais elle payait toutes les factures et remplissait le réfrigérateur, elle ne pouvait pas se résoudre à abandonner Regina qui n’avait jamais travaillé un seul jour de sa vie. Elle était devenue mère à l’âge de quinze ans et depuis, elle s’était toujours occupée de Ginie. Ou plutôt, elle avait pourvu à ses nécessités vitales. Tant que ses grands-parents avaient été vivants, Ginie avait reçu de l’amour et de la tendresse. Après…

— Comme tu ne peux pas manger de tarte, j’ai du thé, fit Cassandra en lui tendant son thermos.
— J’ai juste eu le temps de donner à manger aux tourterelles, ce matin, commenta Ginie, dépitée, en versant la boisson encore fumante dans un gobelet.
— Chérie, les oiseaux savent s’alimenter tous seuls, hein ? lui rappela son amie.
— C’est un rituel.

Cassandra eut un rire mi-amusé mi-attendri.

— Tu es un cas perdu, ma Ginie.


[En cours d'écriture] TÉLÉCHARGEMENT : Missions au bout du monde [Camp NaNoWriMo Juillet 2018]


ET SI LE RÊVE D'UNE VIE SE TRANSFORME EN CAUCHEMAR ?
Suite indépendante de Promesses du bout du monde

Après dix ans en tant que réfugiée en France et son diplôme d'ingénieur civil en main, Lucky est de retour en Afrique Australe, prête à participer à la reconstruction de son pays natal. Alors qu'elle se lance dans un projet de grande envergure pour les déplacés de guerre, elle découvre ce qu'elle ne devait pas...

 Autres romans issus du NaNoWriMo
Camp NaNoWriMo Juillet 2018





📍 [20 juin] Journée mondiale pour les réfugiés


L'autre jour j'ai demandé à ma mère quel était notre véritable statut lorsque nous avons vécu au Portugal en 1992.

Jusqu'à récemment, pour moi (et sûrement pour la majorité des personnes), « réfugié » était un mot-valise qui englobait tous ceux qui fuyaient la guerre. Quand je me suis lancée dans l'écriture de Promesses du bout du monde, j'ai appris que c'est un poil plus compliqué que ça, qu'il faut un poil plus de critères, et que c'est beaucoup au cas par cas.

D'après la Convention relative aux réfugiés, « [le] terme "réfugié" s'appliquera à toute personne [qui] craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ».
Sur le site des Nations Unies, on parle de « victimes de déplacements forcés » pour inclure tous les cas de figures : les apatrides, les demandeurs d'asile, les gens en plein vide juridique, les déplacés... Il existe donc une variété de situations et toutes ne sont pas égales.

Seuls les demandeurs d'asile peuvent obtenir le statut de réfugié.

Parfois, ils sont réfugiés, d'autres fois, ils obtiennent une protection subsidiaire et les avantages / inconvénients ne sont pas les mêmes.


J'ai été bénévole aux Restos du Cœur de Montpellier pendant quasiment quatre ans, je donnais des cours de français à des étrangers qui venaient d'arriver en France. Certains étaient demandeurs d'asile pour des raisons politiques (la plupart était russophone, la Syrie n'était pas encore en guerre) et attendaient des mois pour recevoir une réponse et rares obtenaient le statut de réfugié. Il y avait des médecins, des professeurs, des artistes...
Je me souviens de ce médecin russe qui était arrivé en France avec sa femme et son fils. Il se disait persécuté et avait peur pour sa famille. Une fois, il m'a demandé si j'avais un ordinateur et s'il pouvait s'en servir. Il était terriblement gêné, comme humilié, de devoir demander ce service et demandait pardon, il ne voulait pas déranger. J'ai donné des cours de français aux parents, j'ai fait du soutien scolaire pour leur fils. Il était en cinquième et il parlait français quasiment sans accent, même l'argot y passait. Leur avenir en France était incertain.
Puis j'ai quitté Montpellier et j'ai perdu le contact. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus.


Refoulée, méprisée, abandonnée, la majorité de ces personnes n'obtiendront pas l'asile. Je ne parle pas des migrants, autrefois appelés immigrés clandestins / sans-papiers qui cherchent une meilleure vie, mais qui ne sont pas forcément en danger de mort chez eux. Je parle des gens qui ont fui tout conflit armé.
Dans cet océan humain (peut-on encore parler de « marée » ?), il y a d'autres histoires qui nous dépassent.

Quand j'ai vu The Terminal avec Tom Hanks il y a 1500 ans, j'ai pleuré la moitié des larmes de mon corps. La seconde, je l'ai pleuré en apprenant que c'était inspiré d'une histoire vraie. Il est possible de ne pas pouvoir rentrer chez soi et en même temps, de ne pas pouvoir sortir de là où nous sommes.

Il est tout à fait possible, dans le monde actuel, pour un être humain d'être bloqué quelque part à cause d'un vide juridique.

Des dizaines de cas sont répertoriés.
En ce moment même, Hassan Al Kontar est bloqué à l'aéroport de Kuala Lumpur depuis mars. Sans être apatride, il ne veut pas rentrer en Syrie (où la prison l'attend pour avoir refusé le service militaire et donc de participer à la guerre), son passeport a expiré, il ne peut pas quitter l'aéroport parce qu'il est interdit de séjour en Malaisie (il a refusé un premier visa car on ne lui permettait pas de survenir à ses besoins), et aucun pays ne veut de lui.
Parce qu'il est syrien.
Une pétition est en cours pour que le Canada veuille bien l'accueillir. [Sur la colonne de droite.]
Il y a quelques semaines, s'est terminé la 18e saison de Big Brother Brasil.
Je ne suis pas fan de ce genre de télé-réalité où on regarde des gens exister en huis-clos pendant plusieurs mois, mais je suis tombée sur des images dans les méandres d'Instagram où on disait qu'un des favoris était le participant syrien, Kaysar Dadour.
Né à Alep, Kaysar a quitté la Syrie en 2011, s'est retrouvé en Ukraine avant d'atterrir au Brésil. Il n'a jamais caché son but en s'inscrivant au BBB : il voulait gagner le prix (environ 350 000 €) et sortir sa famille de l'enfer.
Toutes les semaines, je cherchais à savoir s'il était encore dans la course grâce à Instagram. Quand les États-Unis ont lancé l'offensive en Syrie, Kaysar était encore coupé du monde et j'ai eu peur que quelque chose arrive à ses parents restés à Alep sans qu'il ne soit au courant. Il a déjà perdu sa fiancée, des amis, de la famille.
Il a déjà perdu toute une vie.
Il est reconnaissant parce que le Brésil a été le seul pays à l'accueillir les bras ouverts. Il voue un amour profond pour le Brésil et les Brésiliens, car 85 (!) autres pays ont refusé de lui accorder l'asile.
Parce qu'il est syrien.

J'ai donc demandé à ma mère quel était notre véritable statut pour la première fois.

Après les accords de paix de 1991, il y a eu les premières élections en 1992 en Angola. Une fois n'est pas coutume, l'opposition a refusé les résultats qui donnaient vainqueur le parti au pouvoir. Si avant, la guerre civile était confinée à l'intérieur du pays, dans les provinces du Moxico et du Bié, par exemple, les affrontements sont arrivés dans la capitale pour la première fois.
J'étais avec ma mère et ma sœur au Portugal pour les vacances. Mon père, resté à Luanda, a appelé ma mère pour lui dire « restez ».

Du jour au lendemain, nous avons cessé d'être touristes.

Nous n'allions pas rentrer.

Je voulais savoir ce qui avait été fait pour que nous puissions rester.
La première réaction de ma mère a été « nous n'étions pas réfugiées ». Pour elle, ce statut ne collait pas parce que mon père nous envoyait de l'argent et nous ne dépendions d'aucune aide de l'État portugais.
Loin d'être experte en la matière, je ne sais pas si les moyens financiers sont un critère pour être (ou pas) réfugié ou demandeur d'asile même s'il est sûrement plus facile d'accepter quelqu'un qui a des revenus (pour plus modestes qui soient), plutôt que quelqu'un qui n'a pas un centime en poche.

Il y a ceux qui, sentant le vent tourner, prennent leurs dispositions et partent tant que c'est encore possible, avec leurs comptes en banque, leurs biens les plus précieux.
Il y a ceux qui partent légalement, avec des visas, et sont prêts à se retrouver en situation irrégulière pour échapper au pire.
Il y a ceux qui traversent des déserts, des mers et des montagnes, partant déjà perdants d'une situation sans vainqueurs.
Il y a ceux qui arrivent par l'aéroport avec leurs bagages, après un voyage de quelques heures.
Il y a ceux qui débarquent à la plage avec les haillons qu'ils portent sur le corps pour seule possession après des mois, voire des années, de trajet.
Ils fuient tous la même chose, ils ont tous le même but, ils n'ont pas juste les mêmes moyens (financiers, logistiques, familiaux, etc.). Reste à savoir sous quelle étiquette ils sont accueillis.

Ma mère ne sait pas quel était notre véritable statut, elle ne s'est pas occupée de notre régularisation. À l'époque nous étions nombreux à nous être retrouvés dans cette situation.
Est-ce que tu as déjà changé d'école (de pays) ? Moi si, plusieurs fois. Il faut au moins le dossier de scolarité, les bulletins scolaires et l'exeat. Nous n'avions rien de ça. En 1992, mon inscription au lycée français de Lisbonne se limitait à mon nom, ma date de naissance et ma classe sur un post-it dans le bureau du directeur de l'école primaire. Et j'ai retrouvé une poignée de mes camarades de classe de Luanda.

Nous n'étions peut-être pas demandeurs d'asile, mais de ce que je sais aujourd'hui, je me demande si nous n'étions pas sous protection subsidiaire ou quelque chose s'apparentant, un titre de séjour renouvelable.
(La personne qui s'en est occupée est décédée, je n'aurais pas de réponse à moins de creuser les archives nationaux et j'ai d'autres fouilles archéologiques à faire avant ça.)
Plus j'y pense, plus je me dis que peu importe : la situation était urgente, les adultes l'ont traitée et ils ont fait les enfants se sentir en sécurité malgré les difficultés qui s'annonçaient. Et je serai à jamais reconnaissante, aux adultes et au Portugal, pour cette raison.

Parce que ce sont des millions d'histoires, de cas uniques, de spécificités, de statuts.
Et une seule raison :

être en sécurité.

Est-ce trop demander ?

ESTÓRIAS PARA NÃO EMBALAR | Mamã, acreditas em Deus? [Junho]


Publicadas em 2013 pela editora francesa L'ivre-Book, as estórias de  Pour une poignée de rêves estão traduzidas em português e publicadas no meu site www.joannv.pt !
Cliquem nos títulos para serem dirigidos.


Bicho do Mato foi escrito em português antes ser traduzido em italiano por Cristina Galhardo e publicado, em 2007, na revista Buràn. Em seguida foi traduzido para francês, para ser publicado no livro Pour une poignée de rêves.
Inspirada num encontro verídico.

Inspirado numa fotografia de Bénédite Topuz para o Festival internacional da Fotografia social de Sarcelles en 2012.

Inspirado numa história verídica.
(Não a minha.)

Inspirado numa fotografia de Rocco Rorandelli para o Festival internacional da Fotografia social de Sarcelles em 2011.

Inspirado numa fotografia de Vincent Boisoit para o Festival internacional da Fotografia social de Sarcelles em 2012.

Conversa entre mãe e filha, sobre Deus e a morte.

Des manuscrits à télécharger


Pour rappel, tous ces manuscrits sont des versions non définitives, voire des premiers jets sans relecture. Ils sont exactement tels que je les ai écrits, sans plan, à la wannagain freestyle.


Titre retiré :

  • Les Noces de Jade
    Finaliste du Prix du Livre romantique 2018
    À paraître en novembre aux Éditions Charleston

Prochain titre à être retirer :
  • Cœur fondant
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Roméo cherche Juliette
Romance, Camp NaNoWriMo 2018 écrit porte ouverte
Directeur d'école primaire et conteur d'histoires, Roméo est pourtant un des hommes les plus réservés de Marseillan. Tellement réservé, qu'il risque de mourir célibataire si ses proches ne s'en mêlent pas. Ces derniers décident de lancer une campagne sur les réseaux et les ondes très particulière. 
« Roméo cherche Juliette pour vivre des beaux jours sous le soleil méditerranéen et contrarier le mythe. Vérone optionnelle (mais peut se faire). » 
En quelques jours, c'est le buzz, des dizaines de Juliette accourent. Et Roméo n'est au courant de rien...

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Cœur fondant
Romance, 2015 💢 Exclusif 💢
Stéphane, divorcé, père de deux garçons qui ne veulent pas le revoir, décide de passer Noël dans les Alpes, dans le chalet d'hôtes de Béatrice, une charmante mère de trois enfants, divorcée elle aussi. Il est plus proche d'Ebenezer Scrooge que du père Noël, mais Béatrice ne va pas le laisser ruiner les Fêtes pour ses enfants ou ses autres clients. Mais être toujours aux petits soins avec tout le monde ne laisse pas le temps à Béatrice de se poser et de se redécouvrir...

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Promesses du bout du monde
Romance, Camp NaNoWriMo 2017 écrit porte ouverte / en cours de réécriture
Originaire d'Afrique australe, Abbie vit sous protection subsidiaire de la France depuis 10 ans. Avec les traités de paix sur le point d'être signés, Abbie va devoir rentrer. Rien que cette idée la rend physiquement malade, alors sa famille d'accueil, les Jaya, se réunit pour trouver une solution : et si on organisait un mariage blanc ?
Le choix se porte sur Chandra, l'un des deux fils de la famille, l'homme qui l'a sauvée de la milice et l'a mise en sécurité dans sa propre famille à Paris, l'homme qui a fait palpiter son cœur adolescent et qui aujourd'hui est si distant et si cynique...

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Un thé au litchi
Romance, Camp NaNoWriMo avril 2014 💢 Exclusif 💢
Cela fait dix ans que Frédérique a troqué la France pour l'Angleterre et elle ne comptait pas rentrer de si tôt. Pourtant, quand son ami d'enfance, Raphaël, est sur le point de perdre son restaurant, elle décide qu'il est temps de rentrer au bercail, quitte à affronter les fantômes de son passé.

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Mon cœur est une saison
Women's Fiction, NaNoWriMo 2016 — mon premier NaNo ! 💢 Exclusif 💢
Elle n'a pas de nom, elle n'a pas d'identité. Elle se réveille, seule, sans papiers, sur un banc de Montpellier. Dans son sac à dos, ses affaires sont neuves, sans histoires. Sauf un carnet avec des collages et des citations qui racontent une histoire qu'elle ne sait pas lire.

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Rendez-vous après-demain
Women's Fiction, NaNoWriMo 2013 💢 Exclusif 💢
Suite indépendante d'Aujourd'hui ne se termine jamais
“J'attends le jour après demain,
mais demain n'arrive pas
et aujourd'hui ne se termine jamais...”
Mais quand arrive demain et que demain n'est pas aussi parfait qu'on le croyait, que fait-on ?
La vie de Pol a beaucoup changé, ces dernières années. Toujours à New York, toujours danseuse, toujours chorégraphe... mais elle est également devenue épouse et mère. Juste pas de la façon dont elle avait rêvé...

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Plan B
Romance, Camp NaNoWriMo juillet 2016 écrit porte ouverte
Brune a marre de courir après le prince charmant et décide de faire un bébé toute seule. Son voisin et ami Greg la prend pour une folle. Quand il rompt avec son compagnon, il se demande « pourquoi pas ? ».
Ils passent aux choses sérieuses.
Et c'est loin d'être simple...
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Xander
Romance, Camp NaNoWriMo avril 2016 écrit porte ouverte
Xander fait partie du duo Hashtag Project avec son meilleur ami. Quand ils s'arrêtent dans une ville, Xander aime se grimer pour faire du tourisme.
À Paris, quelques heures avant le premier concert de quatre, il entre dans une pâtisserie et croise la route de Yolanda, nomade digitale brésilienne, habillée en tutu et avec des antennes dans les cheveux...

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Kolé séré
Women's Fiction, 2013 💢 Exclusif 💢
Petula s'occupe de la rubrique littéraire pour un magazine. Entre chronique de livres et interviews d'écrivains, elle trouve toujours le temps d'aller danser. Lors d'un bal de pompiers, elle croise la route de Marc et est aussitôt séduite, surtout qu'il sait danser le zouk dans tous les sens... Mais Marc n'est pas aussi disponible qu'il le fait croire...


📍 [21 mai] Journée mondiale de la diversité culturelle


Quand je vivais en Afrique du Sud, peu de temps après la fin de l'Apartheid, mes cousines et moi sommes tombées sur un jeune Blanc qui a été très surpris de savoir que nous étions de la même famille : 

« Mais vous n'avez pas la même couleur ! »

Son normal, héritage d'une politique de ségrégation où les couples mixtes étaient illégaux, était différent du nôtre.
Dans notre famille, les couples mixtes sont légion depuis cinq générations (= 150 ans) et le métissage est comme une grande loterie, dans une même fratrie (la mienne comme des millions d'autres sous les Tropiques), les peaux vont du blanc au noir en passant par tous les camaïeux de beige et marron. Ajouté à cela, j'ai vécu dans différents environnements linguistiques et culturels, et j'avais déjà dix ans lorsque j'ai soudain pris conscience que ce n'était pas le cas de tout le monde.

Ce qu'on appelle « diversité », j'appelle « normalité ».

Le multiculturalisme, qu'il soit racial, culturel ou religieux, est un thème toujours présent dans mes romans, tous genres confondus, par les personnages, par les décors, par la cuisine. Mes héros n'ont pas à revendiquer quoi que ce soit, c'est juste qu'ils sont comme ça. 
Comme dans ma réalité.

Le 21 mai est la journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, décidée par l'UNESCO juste après le 11-Septembre pour une raison : la majorité des conflits modernes sont d'ordre culturel. Ils ont signé une déclaration universelle qui en gros dit que la « diversité culturelle est aussi vitale que la biodiversité » et qu'il faut la défendre et permettre à toutes les cultures de créer et diffuser par tous les moyens disponibles. 

C'est peut-être une vision naïve du monde, mais je crois sincèrement que seuls les gens à l'esprit fermé, verrouillé, cadenassé, enchaîné, se considèrent supérieurs pour quelque raison que ce soit (souvent erronée, soit dit en passant).
S'ouvrir au monde, essayer de comprendre la culture de l'autre, l'accepter, la respecter, est faire un pas vers cet autre. Quand nous essayons de nous mettre dans la peau de notre voisin, quand nous créons de l'empathie, tout conflit, tout préjugé vole en éclats. 

(Enfin, une partie de nos préjugés, seulement, nous sommes des êtres à défauts après tout...)

Nous avons tous à apprendre de tout le monde. Il y a des choses qui nous conviennent plus, d'autres moins, certaines choses doivent être corrigées, mais il n'existe pas de culture 100 % mauvaise et il n'existe pas de culture 100 % parfaite.


La diversité n'a jamais été mon champ de bataille, je n'ai jamais cru que je devais en parler ouvertement, préférant laisser mon travail le faire pour moi. J'ai toujours intégré des personnages divers dans mes romans, et quand je dis toujours, je parle de mes tout premiers romans écrits du temps du lycée (j'ai écrit mon premier roman en seconde).
Mais puisqu'il y a eu débat et que j'avais des commentaires éparpillés un peu partout sur les réseaux (cela parlait de représentation et appropriation culturelle et d'autres sujets à la mode), j'ai eu envie de tout synthétiser. Et plus je synthétisais, plus j'avais envie d'en parler.

(Une fois lancée, hein ?)

Parce que je suis « diverse » (ma famille est métisse et multiculturelle depuis 5 générations).
Parce que j'ai vécu dans différents environnements culturels et linguistiques.
Parce que j'ai fait toute ma scolarité avec des gens qui étaient aussi divers que moi.
Parce qu'au fil du temps, mes meilleures amies étaient congolaise, angolaise, anglaise, libanaise, belge, mozambicaine, portugaise, française, sud-africaine, russe, malienne...
Parce que je veux raconter ma normalité, cette normalité qui m'est aussi chère, qu'on cultive dans ma famille et que je cultiverai dans la mienne.
S'il faut écrire sur ce que l'on sait (un des arguments que j'aime le moins !), alors voici ce que je sais !


Dans  Comment ajouter de la diversité dans ses romans, j'explique que quand j'ai commencé à écrire Aujourd'hui ne se termine jamais, j'avais 17 ans. Mes héroïnes me sont venues d'origine juive polonaise tout naturellement parce qu'il y avait une grande communauté de Juifs Ashkénazes en Afrique du Sud, où je vivais. De la même façon, Mel de La Réelle Hauteur des hommes, est d'origine jamaïcaine parce qu'elle est anglaise et la communauté caribéenne est tout aussi importante en Angleterre.


Protéger la diversité culturelle signifie protéger son patrimoine culturel (et l'UNESCO a tout plein de conventions pour ça).
Contrairement à ce que certains pensent, on ne se protège pas en se renfermant sur soi : on protège notre patrimoine en le partageant, en le faisant connaître. Nous vivons dans une époque globale et connectée, c'est dommage de ne pas se servir des outils qu'on nous donne pour le faire ! On n'a jamais autant voyagé ! Comment peut-on continuer aussi fermé, sinon plus ?
Ayant vécu différents contextes (j'ai autant été l'autochtone que l'étrangère), je suis également très critique de la façon dont certaines personnes voyagent. 
Beaucoup adorent connaître de nouveaux pays, mais ne veulent pas se mélanger à la population, s'intégrer, s'adapter. Comme les touristes qui traversent le monde pour n'interagir qu'avec des gens de leurs pays (voire de leur ville !) et mangent des steak-frites parce que c'est comme à la maison. Je ne sais pas, mais c'est cher payé pour un steak.

(Je me souviens d'une émission sur des jeunes Français en Thaïlande qui n'étaient qu'entre Français et mangeaient des kebabs dans le restaurant français du coin parce que, c'est bien l'aventure, mais pas trop.)
(J'ai été la fille qui a mangé des frites au restaurant indien. Je l'ai déjà sermonnée rétroactivement.)

Dans J'ai une ferme en Afrique, qu'elle soit au Kenya n'est qu'un détail, je parle de certains expatriés qui ne vivent que dans leur communauté d'expatriés et ne se mélangent pas avec la population, n'apprennent pas une seule langue du pays, et peuvent vivre des années sans rien avoir appris du tout.
À quoi bon ? Si on veut rester « entre nous », autant rester chez soi et ne pas traiter les gens qui nous accueillent avec une indifférence qui frôle l'irrespect.
Tu ne peux pas venir chez moi et ne pas essayer de communiquer avec moi d'une manière ou d'une autre. Je t'accueille chez moi, parfois je te donne mon lit et je dors par terre, pour que tu te sentes bien, pour que tu apprécies ton séjour, mais tu ne manges pas ce que je te prépare, tu ne veux pas que je te montre comment je vis, tu ne veux pas savoir comment je vais.

Le monde est vaste, les gens ! Le monde est IMMENSE ! Il est global !
Ouvrons nos propres frontières !

(Enfin, si tu veux...)

Bien sûr, pour moi, la diversité, surtout dans mes écrits, ne se limite pas à une question culturelle ou raciale, elle va au-delà, comme la diversité sociale, les différences physiques, les handicaps visibles et invisibles.

Le dossier Pour plus de diversité qui s'étoffera au fil du temps, au gré des discussions que j'aurai ici et là, des commentaires, des questions et... d'autres journées mondiales.
Parce qu'une fois lancée (bis)...

TÉLÉCHARGEMENT : Roméo cherche Juliette [NaNoWriMo 2017 / Camp NaNoWriMo 2018]


ET SI ON CONTRARIAIT LE MYTHE ?

Directeur d'école primaire et conteur d'histoires, Roméo est pourtant un des hommes les plus réservés de Marseillan. Tellement réservé, qu'il risque de mourir célibataire si ses proches ne s'en mêlent pas. Ces derniers décident de lancer une campagne sur les réseaux et les ondes très particulière. 
« Roméo cherche Juliette pour vivre des beaux jours sous le soleil méditerranéen et contrarier le mythe. Vérone optionnelle (mais peut se faire). » 
En quelques jours, c'est le buzz, des dizaines de Juliette accourent. Et Roméo n'est au courant de rien...

NaNoWriMo 2017

AU SORBIER DES OISELEURS, MxM Bookmark, Coll. Infinity


C'EST UNE ROMANCE, MAIS PAS QUE. 
C'EST DE L'URBAN FANTASY, MAIS PAS QUE. 
C'EST UN CONTE DE FÉES, MAIS PAS QU'UN.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs... 
Venez déguster un thé et des pâtisseries au Sorbier des Oiseleurs, l'endroit le plus prisé, et sûrement le plus magique, de tout Aucelaire... 
Vous y ferez la connaissance de Ginie, une jeune femme brimée par les convictions religieuses d'une mère abusive et qui n'a connu l'amour qu'à travers les romans qu'elle lit en cachette au cœur de la forêt. 
Vous y rencontrerez Tito, un bel Andalou mystérieux, de passage, même s'il semble être un habitué de la cité. 
Vous assisterez à leur rencontre et à la naissance de leur amour... un amour rendu impossible par bien plus que la distance qui les sépare. 
Mais surtout, en ouvrant ce livre, vous plongerez dans le premier conte d'Aucelaire de Jo Ann von Haff, un conte qui vous emportera dans un monde unique, entre imaginaire et fantastique, saupoudré de mystère et de romance.


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Merci à mes chères Roxane Dambre et Chloé Duval qui ont lu la toute première version du Sorbier et ont adopté mes contes.

« J'ai retrouvé avec ce roman, le plaisir de lire un vrai conte, avec des héros qui découvrent l'amour au premier regard, un univers avec des êtres merveilleux, dans un lieu à la fois imaginaire et tellement proche de notre réalité. »

« Une histoire d’amour impossible totalement envoûtante avec des rebondissements qui ont stimulés mon imagination jusqu’à la dernière page. »

« Ce livre est addictif, à chaque fois que je l’arrêtais, je pensais à qu’une chose : le reprendre et connaître la suite. »

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