Jo Ann von Haff

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Bienvenue, je m'appelle

Jo Ann von Haff

Quand je lui ai demandé d'où venait mon prénom, mon père est devenu tout rouge. Il a avoué, en toussotant beaucoup, en s'éclaircissant souvent la gorge, qu'il l'avait trouvé dans un roman. Un roman à cochoncetés. Il ne me manque plus que boucler la boucle et écrire les prochaines Cinquante Nuances de Grey. J'aurais dû commencer par là, au fait.

Mon nom est la représentation de ma multiculture : angolaise d'origine luso-allemande et d'expression française. Ma normalité est un melting-pot, mon éducation est multiculturelle, ma voix est polyglotte.

J'écris des histoires d'aujourd'hui, avec des héros de tous les jours et de tous les horizons, des personnages qu'on peut croiser dans la rue. Mes romans reflètent le monde tel que je le vois : moderne, global et sans frontières, où tout le monde a sa place.

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Bibliographie complète
La Réelle Hauteur des hommes, romance contemporaine aux Éditions BMR
 Les Yeux de Léon, romance contemporaine chez France Loisirs
Aujourd hui ne se termine jamais, roman féminin, auto-publication
Les Noces de Jade, romance historique contemporaine chez MxM Bookmark, Collection Infini
Tango à minuit, Les Contes d Aucelaire, conte de fées, mxm bookmark
 Au Sorbier des Oiseleurs, premier conte d'Aucelaire, conte de fées revisité, aux éditions MxM Bookmark, Collection Infinity
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📍 Pourquoi je ne veux pas d'un James Bond noir

Dans Comment ajouter de la diversité dans ses romans, j'ai une partie qui parle de la nouvelle tendance hollywoodienne qui consiste à prendre un personnage de fiction qui existe déjà (en blanc) et le color(i)er pour entrer dans la case « représentation ».
Et c'est une tendance qui m'horripile.
Cela fait deux ans que j'ai l'idée de cet article dans mes brouillons. Deux ans. Il pourrait y rester, mais il y a quelques semaines, je suis tombée sur le casting de l'adaptation des Bridgerton de Julia Quinn, et Zeus, ça m'a sorti de mon zen mais avec une force !

(Si je parle autant de garder son zen, c'est parce qu'à la base, je ne le suis pas vraiment : j'ai un seuil de patience très bas, alors je me détache des sources de conflits très vite. Ça marche la plupart du temps. Voici l'exception à la règle.)

J'ai découvert les Bridgerton en 2016 avec Daphné et le Duc, mille ans après les fans de la première heure, donc. (Comme d'habitude !) J'ai adoré ce premier tome, j'ai donc dévoré les suivants (jusqu'au septième, Hyacinthe, les autres sont encore dans ma wishlist sur Amazon).
Je n'ai pas aimé toutes les histoires de la même façon que j'ai aimé Daphné, mais Daphné était suffisamment forte pour que je continue la série, et que je continue d'avoir envie de lire Julia Quinn. Et quand j'ai appris que Shonda Rhymes allait adapter l'univers pour Netflix, j'ai fait woot dans ma tête.
Contrairement à beaucoup de lectrices, j'adore les adaptations, et les livres que je lis (mille ans après les autres) sont rarement adaptés ! (Je pense à l'univers de Mercy Thompson que j'adorerais voir à l'écran, rien que pour Charles...)
Mais l'enthousiasme a fait plouf très vite quand j'ai vu le casting.
Sorry what? Le duc de Daphné est métis ?

(Pause.)

Je n'ai rien contre Regé-Jean Page, je ne le connais pas, je ne l'ai jamais vu à l'écran, et il n'est pas laid du tout.
MAIS.
Un duc qui n'est pas blanc en 1813 en Angleterre ?
Pour de vrai, de vrai ?
Et si mes souvenirs sont bons (2016, c'est le siècle dernier, quasiment), Simon est un bon parti ?

Je suis une royal watcher depuis ma naissance (la faute à ma mère, grande fan de Diana), avez-vous idée de ce que ça veut dire faire partie de l'aristocratie anglaise de nos jours sans être blanc ? En résumé, ce n'est pas gagné. En 2019. Et en 1813, le duc est métis, no biggie. Il ne serait pas un bon parti (pour les aristocrates) aujourd'hui, let alone au XIXe siècle.
Déjà qu'épouser un membre d'une famille royale étant d'une nationalité autre (ou même d'une religion autre), c'est un peu problématique encore de nos jours, alors d'une autre race ? Vous plaisantez ?
Avant Meghan Markle, il y a eu Angela de Liechtenstein (panaméenne, elle s'est mariée en 1999 au prince Maximilien, deuxième fils du prince régnant) (un peu comme Harry) et Emma Thynn, vicomtesse (depuis 2012, et qui sera sûrement la première marquise non blanche de l'histoire d'Angleterre). 
Toutes les trois, femmes du XX(I)e siècle, ont subi des attaques racistes de la famille directe. La belle-mère d'Emma Thynn a même été bannie de leur mariage.
Et on va me dire qu'en 1813, tout va bien ?

Le métissage dans la haute société anglaise n'est pas nouveau, loin de là. 
Quand j'ai su pour ce casting à la noix de coco, j'ai tout de suite pensé au film Belle, basé sur la vraie histoire de Dido Elizabeth Belle, fille illégitime d'un amiral britannique et d'une esclave. Elle a été élevée par l'oncle de son père et sa femme, le comte et la comtesse de Mansfield. Elle grandi avec sa cousine Elizabeth, elle a été aimée et choyée, elle a eu des privilèges certains, mais malgré tout cela, elle restait une esclave et elle restait un secret, cachée dès que des inconnus passaient la porte. 
Dido est morte en 1806. 
L'esclavage a été aboli en 1807.

Et un duc métis est un bon parti en 1813.
(J'ai à nouveau perdu mon zen.)

Et James Bond dans tout ça ?

James Bond est juste la somme et, ou ?, le résumé de cette tendance que je trouve méprisante.
Méprisante.
Condescendante.
Et paresseuse.

Je reprends ce que je disais dans l'article à ce sujet : pourquoi faut-il que James Bond soit noir ? Pourquoi prendre ce qui existe et le transformer au lieu de créer un personnage entier, complet, avec une véritable histoire ? Un 008, par exemple !

Vous savez pourquoi des films comme Black Panther ou Crazy Rich Asians fonctionnent du tonnerre auprès de leurs communautés respectives (en plus de toutes les autres ?) (il y a plus de similarités entre l'Angola et Crazy Rich Asians que l'Angola et Wakanda, soit dit en passant) ? On ne s'est pas contenté d'un colour blind casting. On ne s'est pas contenté d'un feutre marron. On ne s'est pas contenté de changer un nom.
(Ce sont des propositions que j'ai faites dans Comment ajouter de la diversité dans son roman pour des personnages secondaires. Pour des principaux, il faut un peu plus d'huile de coude.)
Dans ces deux films-là, il y a un passé, une histoire, un contexte. On ne se contente pas de poser un personnage « différent » là (quelque part), on crée ses racines, on raconte sa culture, ses traditions
Pour moi, les héros issus de minorités, peu importe lesquelles, peuvent (et doivent) être ennuyeux de banalité, mais cette banalité, cette « normalité » ne peut pas empêcher de les ancrer dans un contexte.
Le leur.

Quand je mets Mike et Pol en scène, ce qui leur arrive pourrait arriver à n'importe de qui, de n'importe quelle origine, de n'importe quelle classe sociale. Cependant, ces événements leur arrive à elles. Et même si elles sont laïques (et même athée pour Mike), elles sont de culture juive, elles ont eu une éducation juive. 
Ce n'est pas flagrant pour ceux qui ne connaissent pas le judaïsme ou qui n'ont pas quelques bases. Quand Mike se dit que sa mère aurait une syncope en voyant son steak avec une sauce à la crème, quand elle touche la mezouzah en rentrant dans l'appartement de Palavas-les-Flots, quand Pol demande une salade sans fromage ni porc, quand les jumelles portent des manches longues pour ne pas montrer leurs tatouages... Tout ça ne fait qu'une ligne, mais ce sont ces lignes qui font que les jumelles sont ancrées dans leur contexte : elles viennent d'une famille juive pratiquante même si elles ne le sont pas.

Lors de son discours d'acceptation aux Golden Globes de 2018, Sterling K. Brown de This Is Us explique que toute sa vie, il a été accepté grâce aux colour blind castings, lorsqu'on choisit l'acteur pour son talent plus que pour ses origines. C'est d'ailleurs le système de Shonda Rhymes. Mais si ça marche pour Grey's Anatomy (on développe le passé des personnages en partant des acteurs), ça ne marche pas vraiment avec une adaptation.
(Enfin, je dis ça...)
Dans son discours, Brown ajoute un « let's throw a brother into this role » (traduction à peu près : « ajoutons un cousin pour jouer ce rôle) (dans mon idée de ce que ça veut dire : « ajoutons un cousin dans le film, on aura notre quota et on n'en parle plus »). Il rend hommage à Dan Fogelman qui a écrit le rôle d'un homme noir pour être joué par un homme noir. « I am being seen by who I am,  and being appreciated for who I am. » (Traduction à peu près : « Je suis vu pour qui je suis, et je suis apprécié pour qui je suis. »)

Pour les gens qui défendent les James Bond noirs ou les ducs métis, est-ce que vous saisissez la douleur que cela peut engendrer ? De nous caser quelque part parce que... c'est bien la diversité ? Parce que c'est important, la représentation ? Est-ce que vous comprenez que les acteurs issus de minorités finissent par accepter ce genre de rôles (le coloriage politiquement correct, donc) parce qu'il n'y en a pas d'autres rôles disponibles ? Parce que les producteurs ne prennent pas le temps (ou ne donnent pas d'argent) pour des rôles faits spécialement pour eux ? Parce que, voyez, un film avec des minorités, ça ne vend pas ? Est-ce que vous comprenez pourquoi Black Panther et Crazy Rich Asians parviennent à passionner les foules rien qu'avec le casting (sans même parler d'intrigue, de qualité, etc., c'est au goût de chacun) ?
Je (re) mentionne Michelle Rodriguez qui propose de laisser tomber cette idée d'essayer de caser un (super) héros existant dans une autre culture et de commencer à créer « nos propres mythologies ». Comme... Black Panther.
Comme Storm.
Comme Falcon.
Comme Luke Cage.
Nous méritons des rôles pensés pour nous. Des personnages pensés, créés, pour nous.
Sinon, c'est du recyclage, c'est du rebus.
C'est du mépris, de la condescendance, aussi simple que ça.

Les rares fois où je lis les commentaires à ce sujet, je note tout de même une (autre) tendance : ce sont souvent les Blancs qui sont ravis avec cette idée.
Let that sink in.



« Mais c'est bien, d'ajouter de la diversité. »
Les gens, il y a des livres EXISTANTS avec de la diversité à la même époque, et peut-être même écrits par des romanciers qui ne sont pas blancs. Allez les chercher, les lire, les adapter. Ils existent. Ils sont là. Soyez un peu plus curieux. Si on veut une histoire avec une distribution diversifiée, choisissez des personnages issus de minorités (visibles ou invisibles). C'est aussi simple que ça, on ne vous demande pas d'inventer la roue.

« Mais on fait bien du whitewashing. »
Et c'est mal ! On ne corrige pas un tort avec un tort, cela reviendrait à la loi du talion, et on sait ce que ça donne, à la fin.
La meilleure façon de corriger un tort, c'est de faire les choses bien. 
Cf réponse précédente.

« Mais une adaptation peut être libre. »
C'est pour cette raison que ma plus grande peur concernant les adaptations n'est jamais les choix scénaristiques mais la distribution. Je me suis souvent dit que, dans l'éventualité, hypothétique, pas impossible, d'un jour avoir un texte adapté, j'aurais du mal avec un acteur ou une actrice que je n'apprécie pas du tout, mais finalement, ce serait le cadet de mes soucis.
Je décris mes personnages parce que je sais parfaitement qui ils sont, et leur physique fait partie de cette connaissance. Alors si on prend un personnage blond pour en faire un Noir ou un personnage d'origine asiatique, cousins, je vais mal le prendre. S'il est blond, c'est qu'il est blond, point. Et je ne retournerai pas ma veste et je ne dirai pas publiquement « je suis très heureuse avec le choix » parce que ça ne serait pas crédible pour un sou, surtout que ça fait des années que je parle de l'importance de la description des persos.
Dans l'éventualité hypothétique pas impossible d'avoir un de mes romans adaptés à l'écran, j'ai suffisamment de diversité dans mes histoires pour éviter ce genre de couac. Enfin, je le crois ?
Hermione de Harry Potter est devenue noire dans la pièce The Cursed Child, J.K. Rowling a dit qu'elle était ravie alors que les fans étaient partagés. Alors, je n'ai lu que le premier tome de Harry Potter et je ne me souviens pas des détails, alors...
Pour revenir aux Bridgertons, Julia Quinn insiste sur le physique de ses héros, mais elle se dit « ravie » du choix après l'avalanche de commentaires. Pourquoi pas.


En bref

Ne pas sauter de joie lorsqu'on annonce ce genre de changement ne signifie pas être raciste, c'est souvent le genre de réplique que je vois quand quelqu'un a le culot de dire qu'il n'est pas d'accord.
Ce n'est pas du racisme.
D'un côté, c'est l'expression d'un raz-le-bol. De l'autre, c'est l'expression de l'amour pour l'œuvre originale qu'on défigure au nom du politiquement correct.
Si vous voulez des œuvres de romanciers issus de minorités (in)visibles, cherchez-les, vous les trouverez. Si vous voulez des œuvres avec des personnages issus de minorités (in)visibles, cherchez-les, vous les trouverez. Laissez les autres tranquilles. On a le droit d'être blond en 2019.
(Dixit une fille qui n'est pas blonde.) (Enfin, ça dépend.)


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[Extrait] La Réelle Hauteur des hommes

La radio s’alluma à 8 heures. Mel se retourna dans son lit et se couvrit le visage, elle n’avait aucune envie de se lever. Elle écrasa l’oreiller sur sa tête, mais Upside Down de Diana Ross devenait de plus en plus entêtant, une torture ! Illustratrice indépendante de profession, Mel travaillait seule la plupart du temps. À son grand dam, elle ne pouvait déléguer pour faire une grasse matinée. Elle repoussa sa couette et glissa hors du lit. Les yeux encore fermés, elle releva ses longues tresses sur le haut de la tête, se brossa les dents et prit une douche.
Mel était une jeune femme aux innombrables rituels. Du lundi au vendredi, chaque matin commençait exactement de la même manière. Dans sa kitchenette américaine, elle mettait la bouilloire en marche avant d’allumer son ordinateur posé sur la table de travail juste derrière le canapé et lancer son lecteur de musique. Elle tirait les rideaux, ouvrait les fenêtres et laissait l’air pénétrer son minuscule salon. Même lorsque Londres se réveillait sous la pluie, elle ne dérogeait jamais à cette habitude. Pendant que l’eau chauffait, Mel arrosait la dizaine de plantes qui transformait la pièce en jungle urbaine, et quand le sifflement lui parvenait, il était 8 h 30 à l’horloge accrochée au mur orange vif, au milieu d’une série de reproductions réalisées avec sa mère. Elle se préparait alors un thé, prenait des cookies, puis s’asseyait à son bureau. Les pieds sur le rebord du siège, elle gardait les deux mains autour de sa tasse, sauf lorsqu’il fallait cliquer sur la souris pour dérouler ou fermer les pages ouvertes sur les blogs et les réseaux sociaux. Et tous les matins, sans exception, elle débutait sa journée de travail en lisant le billet de 9 heures de son blog favori.
La Réelle Hauteur des hommes était comme un bon magazine : actualités, culture, sorties, voyages et relations, le tout, avec une touche très personnelle. Son auteur signait sous le pseudonyme de Littlejohn, et Mel, comme des milliers de lecteurs dans le monde entier, adorait le lire. Elle avait le béguin pour un homme dont elle n’avait jamais vu le visage, ne connaissait ni le vrai nom ni le son de la voix, mais elle était touchée par sa façon de voir le monde et par ce qu’elle percevait entre ses lignes. Parfois, elle essayait de se l’imaginer et le griffonnait au crayon gris dans son cahier de brouillon, épais comme l’annuaire. Pour elle, Littlejohn était un trentenaire aux cheveux et à la peau clairs. C’était vague mais suffisant pour qu’elle le décline en hommes de toutes les formes.
Lorsqu’elle fermait la page de Littlejohn, elle rebranchait son téléphone fixe réservé à ses clients et ouvrait enfin sa boîte aux lettres. Elle répondait aux e-mails, finalisait le dernier projet en cours ou en entamait un nouveau. Depuis qu’elle travaillait à domicile, Mel s’était imposée des règles strictes pour rendre tangible la frontière entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Elle passait plus de quarante-cinq heures par semaine devant l’ordinateur, un stylet à la main, une tasse de thé pas très loin, et elle refusait d’y ajouter son temps libre. Elle refusait même de changer de téléphone, préférant le vieil engin qui n’envoyait que des textos. Le soir, elle dînait devant la télé et dessinait, encore. Parfois, et uniquement parce que sa meilleure amie le lui rappelait souvent, elle faisait un peu de sport pour contrer tous les plats surgelés qu’elle consommait, mais c’était vain, elle priait pour que les litres de thé suffisent à nettoyer son système.
Le téléphone sonna peu avant midi. Mel décrocha avec le sourire :

— Melanie Gordon, en quoi puis-je vous aider ?
— Où est-ce que tu as encore fichu ton portable ? s’impatienta Alice. Ça fait cent ans que je t’appelle !

Mel grimaça et jeta un coup d’œil à sa table. Il y avait une pile de factures ordonnées sur le côté, l’appareil ne se cachait pas dessous. L’avait-elle seulement emmené dans le salon, ce matin ?

— Aucune idée, répondit-elle en haussant les épaules.
— Comme d’habitude…, grommela sa meilleure amie.
— Tu t’énerves trop vite, tu finiras par faire un AVC si tu ne prends pas soin de ton petit cœur noir.
— Mon petit cœur noir se porte à merveille. Les toiles d’araignées qui l’enveloppent le protègent assez efficacement.
— J’attends toujours, Alice. Je travaille, figure-toi.
— Moi aussi ! Je viens d’avoir une idée, c’est mon agent qui sera ravie parce que ça fait un an que je ne lui soumets rien.

Mel et Alice se connaissaient depuis la maternelle et étaient restées amies malgré leurs différences notoires. Alice était un oiseau de nuit qui voyait le monde en noir contrairement à Mel, irréductible optimiste qui ne jurait que par les couleurs et le soleil. À défaut de ne jamais avoir vécu au pays de son père, la chaleur de la Jamaïque courait dans ses veines. Elles avaient beau avoir des philosophies de vie à l’opposé, Mel et Alice avaient collaboré dans une demi-douzaine d’albums pour enfants qui aimaient les histoires d’horreur à lire dans les forteresses de draps à la lumière d’une lanterne.

— Quelle idée ? demanda Mel en s’emparant du bloc-notes.
— Un petit garçon façon Sophie de la comtesse de Ségur et un fantôme, répondit Alice.
— C’est de saison.
— La déco de Halloween à la librairie a dû m’inspirer. Tu fais quoi, ce soir ?
— Rien. Je vais me coucher tôt.
— Tu te couches toujours tôt.
— Uniquement si on compare mon rythme au tien ! J’ai eu du mal à me lever, ce matin. Non seulement j’ai l’impression que je paie encore la soirée de samedi dernier, mais en plus j’ai commencé à lire le polar que tu m’as recommandé. L’erreur de mon existence, je suis morte et je meurs encore.
— Tu es nulle, Mel. Pourquoi on est amies, déjà ?
— Je me pose cette question chaque jour que Dieu fait…


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LA RÉELLE HAUTEUR DES HOMMES

Peut-on tomber amoureux sans jamais s'être vus ?

BMR 2016 
(numérique)

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Melanie Gordon, illustratrice célibataire et indépendante, travaille chez elle, dans un salon aux murs colorés, sur un bureau envahi de plantes et de tasses de thé. Du lundi au vendredi, chaque journée de travail commence exactement de la même manière : en lisant le nouvel article de Littlejohn, le blogueur influent de La Réelle Hauteur des hommes. Pour elle, il est irréel et inaccessible, hors d’atteinte derrière ses chroniques intelligentes et son pseudo sans visage. Jusqu'à ce qu’elle imagine et dessine son portrait et qu’elle le poste sur son blog. Jusqu’à ce qu’il le voie, et qu’il l’appelle. À l’abri derrière leurs téléphones et leurs écrans, ils laissent une relation s’installer et rythmer peu à peu leur quotidien. Et quand l’idée de se voir fait irruption, une question se pose : leur rencontre serait-elle à la hauteur de leurs attentes ? 


📱

« Un roman coup de poing donc à lire absolument. »
Karen, Au Boudoir écarlate

« Cette romance est un hymne à l’amour avec un grand A, un pied de nez aux gens à l’esprit étriqué et un merveilleux regard sur la différence et toute la beauté qui l’entoure. »
Nine, Mille et une pages

« L'auteure nous offre des émotions, une rencontre magnifique, une histoire qui arrive à nous surprendre et le roman est au final un vrai coup de cœur. »
Marie Poidevin, Pôle Culture


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En savoir un peu plus sur Mel et Littlejohn

Sigmund by Night #9 • Deuxième trimestre, chasse au mammouth

Lettre de Sigmund #55 (VII 2019)
Au sommaire :
→ un mammouth abattu ;
→ un retard rattrapé ;
→ un amour retrouvé ;
→ des vacances nécessaires.

[Wattpad] PROMESSES DU BOUT DU MONDE [Camp NaNoWriMo 2017]

Jusqu'où peut-on aller pour une promesse ?

Originaire d'Afrique Australe, Abbie vit sous protection subsidiaire de la France. Avec les traités de paix sur le point d'être signés, Abbie va devoir rentrer. Rien que cette idée la rend physiquement malade, alors sa famille d'accueil, les Jaya, se réunit pour trouver une solution : et si on organisait un mariage blanc ? Le choix se porte sur Chandra, l'un des deux fils de la famille, l'homme qui l'a sauvée de la milice et l'a mise en sécurité dans sa propre famille à Paris, l'homme qui a fait palpiter son cœur adolescent et qui aujourd'hui est si distant et si cynique...


LES YEUX DE LÉON


Quand un aveugle voit la vie en rose et une voyante voit la vie en gris...


BMR (numérique)
Février 2017

Amazon • iTunes • Numilog • Fnac • Kobo • Bookeen • France Loisirs

Rien ne va pour Anaëlle : coincée dans sa vie morne de caissière, complexée par son physique, elle ne rêve plus. Seul rayon de soleil dans son quotidien : le sourire d'un client de la supérette, Léon, kinésithérapeute aveugle qui semble déborder de bienveillance et de joie de vivre. Et quand elle est au plus bas, que les voyants ne la remarquent pas, Léon est le seul à lui tendre la main.

🌸

« J’ai aimé cette histoire d’amour toute douce. Elle est joliment construite, ficelée et son évolution m’a plu. »
Croqueuse de livres

« Elle est comme éteinte. Et c'est grâce à Léon qu'elle va trouver une certaine lumière dans son obscurité. C'est Léon ,"l'aveugle", qui va lui apprendre à vivre et à voir les bons côtés de la vie. » 
Livres à croquer

« De plus, en tant que montpelliéraine et kiné, j’ai apprécié l’absence de coquilles sur la ville ou le métier… Un roman-doudou à découvrir. »
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[Extrait] Aujourd'hui ne se termine jamais


— Mike ? appela Karine. 
— Hm ? 
— Tu ressembles à ma mère… 

Mike se figea en faisant attention à ne pas se brûler avec l’huile. 

— Regarde, insista Karine. 

Mike enleva la poêle du feu et essuya ses mains soudain moites sur son pantalon. 

— Montre. 

Elle prit la photo que Karine tendait. À part la chevelure brune, la mère de Karine et Mike n’avaient rien en commun. La première était petite aux yeux clairs, alors que Mike frôlait le mètre quatre-vingt. 

— Je pourrais passer pour ta fille, remarqua Karine. 
— Je dois sûrement paraître plus vieille que je ne le suis vraiment, répondit Mike en lui rendant le cliché. 

Mike détestait les transferts chez ses patients quand ils devenaient trop attachés, presque dépendants. Elle avait raconté des choses à Karine qu’aucun autre protégé n’avait jamais soupçonnées, elles étaient beaucoup trop proches. C’était sa faute, elle aurait dû accepter qu’Aubry choisît quelqu’un d’autre. 
Karine grimaça, rangea la photographie dans son journal et joua avec le reste de son bagel. 

— Tu as raison, murmura l’adolescente. Tu es trop jeune pour être ma mère. 

Mike se retenait de trembler. 
La minuterie retentit. Elle ouvrit le four et ferma les yeux en sentant l’odeur du ragoût de Ruth. Malgré son éloignement volontaire, Mike pouvait toujours compter sur sa mère et sa grand-mère. Comment aurait-elle pu survivre sans sa famille ? 
Elle posa le bigos sur le comptoir. 
L’adolescente renifla. 

— Karine ? s’inquiéta Mike. 
— Ça fait presque deux mois que tu es à la maison… Et bientôt, tu t’en iras. 
— Je partirai quand tu n’auras plus besoin de moi. 
— Comment le savoir ? 
— Je le saurai. 

Karine sanglota. 

— J’aurais préféré que tu sois ma mère. 

L’émotion la menaçait. 

— Ç’aurait été plus facile si j’avais eu ma mère avec moi, chuchota Karine. Il y a des choses que je ne pourrai jamais dire à papa… Il ne comprendrait pas… 

Mike la fit se lever et la serra dans ses bras. 

— Je serai toujours là pour toi, faygele. Toujours.

HOJE QUE NUNCA ACABA (Aujourd'hui ne se termine jamais, version portugaise)

Tradução portuguesa de Maria Olinda Reis
Fevereiro 2019


O que fazer quando a vida está prestes a escapar-se-nos e que a nossa melhor amiga, por sinal a irmã gémea, está a viver no outro lado do oceano? 

Em Paris, a psicoterapeuta Mike entrega-se de corpo e alma ao trabalho para esquecer um passado ainda demasiado presente. 
Em Nova Iorque, a carreira de Pol vai de vento em popa, ao mesmo tempo que a sua vida pessoal é pautada por fracassos atrás de fracassos. 
Às mágoas de ontem juntam-se e amalgamam-se os sofrimentos de hoje. 
Será que Mike e Pol conseguirão desatar os nós das suas vidas a tempo de repararem os seus corações e não serem devoradas pelo hoje avassalador?
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Skype @joannkamar
Luanda, Angola