Il m'a appelée Jo Ann douze ans avant ma naissance
On dit que ce sont les femmes qui rêvent des prénoms de leurs enfants quand elles jouent aux poupées. Dans mon cas, mon père était adolescent, il avait seize ans.
Années 1970
Mon père quitte l'Angola, province d'outre-mer, en bateau pour se rendre au Portugal, la métropole. À bord, il découvre un roman abandonné qui lui tient compagnie pendant le trajet. Et dans ce livre, il tombe sur un prénom qui va le marquer : Jo-Ann.
Sa mère, morte bien trop tôt, s'appelait Ana, ça fait forcément tilt. Il arrive en métropole et oublie le roman à son tour.
Il n'oublie pourtant ni le titre, ni l'auteur, ni le prénom.
(C’était un roman à cochoncetés, les gens, écrit par le pape des romans sulfureux de l’ancien temps. Si ce n’est pas un héritage, ça ?)
Années 1980
Avance rapide.
Très rapide, même.
Mon père a eu le temps de faire cinq enfants quand je viens au monde.
J'ai une grande sœur qui s'appelle Ana, mon père décide alors de m'appeler Jo Ann (sans le tiret).
Ce prénom est imprononçable en portugais. Dans l'administration angolaise, on fait des signes pour m'interpeler (sans commentaires). Comme les gens n'arrivaient pas à prononcer la chose, on m'appelait Joaninha, « petite Joana ».
J'ai longtemps détesté ce surnom, mais j’ai fait la paix quand j’étais déjà étudiante. Après tout, joaninha veut dire coccinelle, et c'est mignon, les coccinelles.
(Et au cas où tu te demanderais, j'adore mon prénom !)
Je m'appelle Jo Ann von Haff.
Une bonne partie de mes personnages partage la joie d'un nom pourri ( = compliqué à porter pour x raisons même s'il est beau), parce que c'est toujours plus facile à plusieurs.
(Ou alors, je suis juste sadique, ce qui est probable.)
De la même façon que mon père a choisi mon prénom à l’âge de 16 ans, à l’âge de 15 ans, j’ai décidé que je ne le changerai jamais. À l’époque, je pensais surtout « quand je me marierai, je ne prendrai pas le nom de mon mari », mais en devenant romancière, cela veut surtout dire « je ne prends pas de nom de plume ».
Comme mon prénom ne l'indique pas, je suis née en Angola, et comme mon nom l'indique, je suis d'origine luso-allemande.
J'ai fait mes premiers pas à Cuba, et grandi entre l'Angola et le Portugal. J'ai fait toute ma scolarité dans les établissements français de Luanda, La Havane et Lisbonne, et passé mon Bac L à Johannesburg en Afrique du Sud. Par la suite, j'ai entamé des études de psychologie à Montpellier.
Malgré ma fascination pour les traumatismes, je me suis réorientée et j'ai suivi une formation à fin de devenir correctrice-relectrice pour des maisons d'édition et des auteurs indépendants.
Aujourd'hui, en plus de mon métier de romancière, je suis également éditrice indépendante spécialisée en romance.
J'écris des histoires d'aujourd'hui, avec des héros de tous les jours et de tous les horizons, des personnages qu'on peut croiser dans la rue en allant à la supérette du coin ou dans le tramway. Des gens d'ici et de là-bas, ici ou ailleurs, banals ou différents.
Mes romans reflètent le monde tel que je le vois : moderne, global et sans frontières, où chaque personne a sa place.
J'ai été finaliste du Prix du livre romantique de 2018 avec Les Noces de Jade et coup de cœur France Loisirs avec
Les Yeux de Léon.
Publiée aux Éditions Bookmark, Charleston, BMR et France Loisirs , je suis devenue sérieusement hybride en 2021 avec la série L'Amour en cinq saisons.
J’ai arrêté de bloguer en 2014, passant à la newsletter pour continuer de partager, et depuis quelques mois, je me suis sentie à court de mots.
Peut-on réellement être à court de mots quand on est romancière au cerveau hyperactif ? Pas réellement (ouf !), mais dans mon cas, je me trouvais coincée entre « j’ai des choses à dire, mais je ne suis pas sûre que ça t’intéresse ».
Après discussion avec ma sœur, j’ai décidé de tester Substack.
Abonne-toi comme s’il s’agissait d’une newsletter, tu pourras (si tu le veux) recevoir mes posts directement dans ta boîte aux lettres (là, rien ne change).
Cette plate-forme permet de monétiser nos écrits, cependant mes posts / articles / lettres resteront gratuites, à l’ancienne. Le reste sera une immense expérimentation. Pour le moment, il n’y a pas de grande expérimentation en cours, mais avec la publication de mon nouveau roman Renaissance le 31 décembre 2023, il se peut que je te propose une ou deux histoires inédites dans cet univers qui ne sont pas encore prévues dans mon calendrier éditorial. Ça te dirait ?
Dix ans après l’arrêt de mon dernier blog (j’en ai eu quelques-uns), je fais le chemin inverse dans ce format hybride : moitié blog, moitié newsletter. La vie est faite de cycles, n’est-ce pas ?
Bienvenue dans mon nouveau chez-moi, du coup.
Glad you made it here.
(Ah, oui, parce que j’ai la famille que j’ai, parce que j’ai eu la vie que j’ai eue, je fais des barbarismes et je glisse des expressions étrangères partout. La laïfe, les gens, bienvenue dans mon cerveau hyperactif.)




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