J'aime pleurer quand je lis et quand j'écris
C’est automatique.
Il se peut que je ne sois pas emballée par ma lecture, mais si, à un moment, je pleure, je vais donner un point supplémentaire.
J’aime rire quand je lis. J’aime sourire, j’aime soupirer, j’aime me dire « awww » et « gniiiiiii » et « et si… » et « le rêve ! », j’aime m’énerver, me faire peur devant certaines décisions, j’aime l’angst de la rupture (même si la rupture n’y est pas).
Mais j’aime surtout quand les larmes coulent devant des blessures béantes, des confidences arrachées, des cris de cœur et désolation sous la pluie. J’aime ressentir ces émotions fortes.
Et si dans une lecture que je trouvais un peu plate, je ressens tout ça, eh bien pour moi, c’est à moitié gagné. Parce que je lis pour ressentir, non pas pour penser à ce que je dois préparer pour dîner ou ma to do list de la semaine. Quand je lis, je veux être tellement plongée dans les émotions, que le reste est inexistant. Et si je pleure, c’est la preuve ultime que ça marche.
D’ailleurs, je lis le plus souvent couchée, avant de dormir. J’ai remarqué que la peau sur le parcours de mes larmes (comme un trait qui va de mon œil à mon oreille) est un peu plus sèche que le reste de mon visage. Oups ?
L’avantage de lire de la romance, c’est que, même au creux de la vague, là où il n’y a plus d’espoir, c’est tellement sombre qu’on veut se recroqueviller, on sait qu’à la fin, tout va s’arranger, donc on continue de se faire du mal.
Masochiste ? Nous ? Jamais de la laïfe.
Quand j’écris, j’aime passer des rires aux larmes, moi aussi, mais je ne maîtrise pas ce côté, je laisse à mes personnages la marge pour le faire à ma place.
Parce que j’aime les montagnes russes, j’essaie parfois d’écrire plus léger, d’écrire plus doux. Donc les rares fois où je me dis « j’ai envie d’écrire une comédie romantique », je me mets à pleurer dès les premiers chapitres. Sérieusement.
Et les rares fois où j’ai effectivement écrit de la comédie romantique, eh bien… c’était par accident ?
(Sans commentaires.)
Du coup, je ne décide plus à l’avance quel est le ton de mes histoires. Je sais ce que je veux raconter, puis je laisse la personnalité de mes personnages faire le reste. Car on peut écrire une histoire un peu sombre, mais si nos protagonistes sont naturellement drôles, sarcastiques, et maîtrisent l’auto-dérision, on va rire autant que (peut-être) pleurer.
À l’inverse, si on a des personnalités plus taciturnes dans une comédie, on aura une touche de tragicomique qui nous déchirera le cœur plus qu’elle nous ne fera rire aux éclats.
Dans ma correction, je suis arrivée à la p. 234 de Réconciliation pour verser mes premières larmes. Après avoir beaucoup ri (ce qui m’a surpris parce que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas relue), à un moment, il fallait que je redescende sur Terre.
Je suis Jo Ann von Haff, après tout.



