Je n'aurai jamais écrit ce roman sans ce rêve
On était en décembre 2016, je vivais encore en Angola.
J’ai fait un rêve où une petite fille blanche courait dans une bananeraie, poursuivie par des hommes en machette, et elle a été sauvée par un homme d’origine indienne.
Dans mon rêve, il y a eu une ellipse, la petite fille a grandi et elle était face à son sauveur qui était en fauteuil roulant.
Je me suis réveillée et j’ai noté ce rêve dans le moindre détail parce que je savais que si j’écrivais ce roman, il serait génial.
Génial par ses personnages qui sortent du classique, de l’attendu.
Génial parce que mon héroïne africaine était blanche.
Génial parce que mon héros sauveur n’était pas blanc.
Et ces deux données sont extrêmement importantes.
J’ai tourné un épisode de podcast où j’explique plus longuement pourquoi, mais, s’il m’était venu à l’esprit (en étant réveillée) que mon héroïne serait une réfugiée africaine, elle aurait été noire ou métisse comme moi. Automatiquement. Je n’aurais même pas eu à réfléchir à ce sujet.
Et mon héros sauveur aurait été automatiquement blanc avant que je n’aie à faire le choix conscient contraire pour esquiver toute idée de white saviourism dont on n’a pas besoin en plein siècle XXI.
Parce que mon héroïne était blanche, je pouvais montrer la différence de traitement entre elle et sa meilleure amie noire.
Parce que mon héros était d’origine indienne, je pouvais me concentrer sur son « bon » passeport plutôt que sur le fait qu’historiquement, ça a toujours été à l’homme blanc de sauver les femmes et les indigènes.
Sans ce rêve, je n’aurais jamais écrit cette histoire, je n’aurais pas eu le réflexe.
En toute honnêteté.
Mes personnages viennent de tous les horizons, ils ont toutes les origines, ils sont la définition même de diversité et représentation. J’ai des personnages africains blancs, mais je n’avais pas l’histoire d’une Africaine blanche réfugiée. Et c’est le « réfugié » qui change toute la donne.
Ma romance « Promesses du bout du monde » met en scène Abbie, une étudiante à Paris qui apprend qu’on ne renouvellera pas son titre de séjour à la fin de ses études car son pays natal, l’Afrique Australe (pays fictif, créé pour l’occasion) va signer des accords de paix et elle n’aura plus d’«argument » administratif pour rester en France. Traumatisée par la guerre civile, elle ne veut pas rentrer. Elle n’a donc qu’une option : épouser un Français. L’heureux élu est Chandra, le reporter de guerre qui a sauvé sa vie 9 ans auparavant…
Tout le mois de janvier, « Promesses du bout du monde » est en promotion sur toutes les plates-formes numériques (en plus d’être disponible en abonnement Kindle, Kobo Plus et sur Nextory).
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Mardi prochain, le 21 janvier à 21 heures, je fais un live sur YouTube pour parler des coulisses de ce roman, comment j’ai travaillé mes personnages et la porte que cette histoire a ouverte…


