Mes romans me réconcilient avec mon pays
Je suis née à littéralement 50 mètres de la plage. La maternité où je suis née est située pile au centre d’une restinga, et il y a la plage des deux côtés. Ma mère dit que quand elle était hospitalisée, elle entendait les vagues.
Cette affaire aurait été poétique si je n’avais pas autant détesté le sable. XD
Et le soleil.
Et l’été.
Oui, je suis une fille pseudo-tropicale.
Alors va comprendre mon cerveau quand je décide de créer un pays enclavé dans le bassin du Kahalari, of all places. Dans le sable.
Et mes personnages aiment le sable !
Ils aiment la terre rouge du Kalahari de toutes leurs forces.
Se ressourcer, pour eux, c’est d’aller camper dans une réserve de chasse ou prendre la voiture pour nulle part.
Quand j’ai écrit Promesses du bout du monde, je n’avais pas prévu d’écrire un autre roman dans cet univers, je n’avais pas prévu de me lancer dans le projet le plus ambitieux de ma vie. 98 % de Promesses se déroulent à Paris, c’est loin du risque de la tempête de sable…
Puis j’ai voulu écrire l’histoire d’une héroïne qui tenait tête au héros alpha, mais qui acceptait qu’elle n’avait pas les armes pour toujours se défendre, et le meilleur terrain de jeu était dans le Kalahari et j’ai écrit Renaissance. À l’époque de l’écriture, ça s’appelait Missions au bout du monde, parce que j’avais cru que ce serait un spin-off one shot et je n’allais plus revoir ce sable.
Puis dès les premières pages, mon héros est arrivé accompagné et j’ai su que j’étais partie pour une série avec des alphas (Zeus bless), Sentinelles du Kalahari. Et quand j’étais au milieu de Renaissance, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas suffisamment de femmes dans ce milieu, et alors, boum, j’ai créé une femme alpha über badass, et c’est devenu évident qu’elle serait l’héroïne du roman suivant, Réconciliation.
Et ainsi va la laïfe d’une romancière qui se laisse porter par le vent.
Le vent du Kalahari.
Et j’aime ça.
Bon sang, comme j’aime ça.
C’est tellement incroyable de construire un monde qui ressemble tant au mien et pourtant j’ai fui le mien.
C’est que, je ne suis pas juste une fille pseudo-tropicale.
Je suis aussi une Angolaise qui a vraiment du mal à vivre en Angola.
Au-delà de l’été 9 mois par an, j’ai besoin d’un type de réconfort et liberté que je ne retrouve pas en Angola, un type d’organisation qui n’existe tout simplement pas, et une mentalité ostentatoire qui clashe avec ma pudeur naturelle et mon minimalisme acquis.
En Angola, c’est un concours de qui gagne le plus grand salaire, de qui a le meilleur job, de qui a la plus grande voiture, de qui paie le loyer le plus cher, de qui part le plus souvent à Dubaï et de qui achète le plus de vêtements et accessoires de marque.
Les gens, j’ai trois pantalons et une demi-douzaine de t-shirts que j’ai moi-même dessinés. Si on me voit toujours habillée de la même façon, c’est que… eh ? J’ai vite fait le tour de ma garde-robe.
Luanda est une capitale tentaculaire avec quasiment (ou déjà ?) 10 millions d’habitants. Il y a des endroits super chouettes, où j’aime aller, mais c’est trop peu pour supporter les embouteillages, le manque de civilité, le tapage constant et la poussière. Luanda est une ville minuscule qui déborde par les coutures (expression portugaise) et on s’entasse comme des sardines, et on doit coloniser les provinces voisines pour s’en sortir (oui, à ce point).
Et pourtant… pourtant…
Et pourtant, il y a tellement d’Angola dans mes histoires !
Il y a tellement des choses qui ont fait mon quotidien pendant des années et qui m’étaient soit insupportables, soit invisibles.
Il y a tellement de nos habitudes et défauts et qualités !
Il y a tellement de notre chaleur et notre sable rouge et nos folies !
La chose la plus incroyable est arrivée, alors que j’écrivais, corrigeais, mettais la page de mon multivers à jour sur mon site : je suis devenue nostalgique de l’Angola, d’une Angola pour qui je gardais rancœur parce qu’elle me tenait prisonnière, parce que le passeport qu’elle m’avait donné était un obstacle à mes rêves et mes projets.
La chose la plus miraculeuse… c’est que je me suis reconciliée avec mon pays natal, alors que je suis partie sans un regard en arrière, sans hésiter, sans attendre, dès que possible.
N’est-ce pas la chose la plus incroyable, la plus miraculeuse, et surtout, la plus ironique ?
Mon dernier roman, Réconciliation, est sorti en août.
Dans cette histoire, je parle de réconciliation entre personnalités, entre croyances, entre communautés.
J’aurais dû ajouter « réconciliation avec tout un pays » dans la liste.
J’adore les histoires que j’ai écrites et que je vais écrire pour Kalahari.
J’ai terminé le prochain roman, Deuxième chance, en septembre, et je vais écrire le troisième et avant-dernier tome de Sentinelles, Résilience, en novembre pour mon Bootcamp Romance (mon alternative au NaNoWriMo). Et celui-là, je veux écrire depuis des années !
Et j’ai hâte de voir jusqu’où ces histoires, ces personnages et ces lieux vont me mener… ♥
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Les trois romans sont disponibles en papier, numérique, abonnement Kindle, Kobo+, Nextory et plein d’autres. Clique ici pour suivre le guide.
🧭 « Promesses du bout du monde » : à la fin de ses études, le titre de séjour d'Abbie ne sera pas renouvelé. La seule solution pour rester en France ? Épouser un Français. Genre Chandra, le journaliste qui a sauvé sa vie et pour qui elle a un crush depuis l'adolescence…
🧭 « Renaissance » : Lucky est de retour en Afrique Australe avec son diplôme d'ingénieur à la main. Elle compte participer dans la reconstruction de son pays natal, et sa première mission est le chantier d'une nouvelle ville au milieu de nulle part. Du voyage, Queen, chef de sécurité, ancien Marine américain que Lucky prend pour un mercenaire. Et elle déteste les mercenaires…
🧭 « Réconciliation » : Enzo a le coup de foudre quand il voit Sabrina pour la première fois. Il veut construire un futur avec elle, mais il y a un problème. Sabrina est tout ce que le père ultraconservateur d'Enzo n'aime pas…



